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Sodiaal s'accapare Entremont seule |
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Après onze mois de négociations, Sodiaal Union est parvenu à conclure la reprise du groupe Entremont Alliance. La coopérative monte du même coup sur la quatrième marche de l'industrie laitière européenne. |
Sodiaal tient enfin sa victoire. La réunion du Ciri (comité interministériel de restructuration industrielle) du 3 juin a mis un terme au rocambolesque dossier de reprise du groupe Entremont. Sodiaal entre ainsi dans le bassin de collecte de Bretagne de façon fracassante : Entremont collecte 50 % du lait produit dans le Morbihan, et les Côtes-d'Armor, 30 % dans le Finistère, et moins en Ille-et-Vilaine. Surtout, elle devient le quatrième groupe laitier européen, avec 5 milliards de litres de lait collectés dans toute la France. Derrière Lactalis enfin, elle présente une gamme complète de produits laitiers.
C’est aussi une victoire du gouvernement. Le ministre de l'Agriculture s'est fortement impliqué dans ce dossier. Bruno Le Maire a d'ailleurs guidé les négociations au profit de Sodiaal en écartant Lactalis, d'éventuels repreneurs étrangers et finalement le propriétaire d'Entremont, le milliardaire belge Albert Frère, qui avait envisagé de conserver une partie des 63 % du capital du groupe qu'il détenait aux côtés d'Unicopa.
Faiblesses et incertitudes
Tout n'est pas réglé cependant. Sodiaal a l'obligation d'effacer une dette de près de 400 millions d'euros. Entremont a perdu 55 M€ ces deux dernières années. Les huit banques ont accepté d'aban-donner les 72,5 M€ de créances. Celles-ci seront transformées en obligations remboursables dans dix ans, convertibles en actions. Albert Frère en recevra lui aussi, pour 15 M€. Il repart également avec un chèque de 10 M€ pour sa holding. Reste à voir la capacité
de Sodiaal à relever le leader de l'emmental, face notamment à des concurrents allemands de plus en plus dynamiques. Tout le monde n'est pas convaincu. La coopérative a en effet mis la main sur une entreprise presque aussi grosse qu'elle, présentant les mêmes faiblesses : leurs produits industriels (beurre-poudre).
Du côté de l'Apli et des syndicats Coordination rurale et Confédération paysanne, on s'interroge sur les capacités financières et commerciales du repreneur. La CGT va jusqu'à craindre “une casse sociale”. Les excédents laitiers, qui avaient fait plonger le groupe Entremont, s'élèvent à 450 millions de litres de lait du côté d'Entremont et 200 millions du côté de Sodiaal. La coopérative aura en plus à entreprendre la reprise des 50 % de Yoplait détenus par PAI (Paribas affaires industrielles, société d'investissements) en 2012.
L'association des 4 500 producteurs bretons d'Entremont, l'Aebea, attend de “connaître les détails du plan de Sodiaal” pour se prononcer sur le fonds de cette reprise. Les éleveurs qui n'étaient pas issus des coopératives alliées dans Unicopa peuvent s'interro-ger sur les montants qui leurs seront demandés pour entrer au capital de Sodiaal. |

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Frédérique Gérard |
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11/06/2010 |
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