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La crise est “propice à saisir des opportunités" |
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Certains secteurs, notamment la nutrition animale, ont permis à la Cam d'amortir le choc. Et elle ne cache pas quelques motivations “obligées” par l'explosion des productions végétales. |
L'année 2009 a été difficile,
la crise agricole a frappé l'ensemble des productions. Cela se traduit pour la coopérative des agriculteurs mayennais par “une baisse de notre performance économique”, indiquent le président Michel Foucher et le directeur Hervé Scoarnec. “Malgré tout, le résultat reste correct.” Traduction : le chiffre d'affaires consolidé essuie une baisse de 14,2 % par rapport à l'année précédente [lire aussi l'encadré].
Cela s'est surtout ressenti dans le secteur de l'approvisionnement. L'arrêt de l'Union Capig a aussi entraîné des lourdeurs financières : la Cam a par exemple repris les facturations qui avait été déléguées à l'union créée avec Agrial. L'adhésion au groupement Coopagri Bretagne offre plus d'un bénéfice, atténue Michel Foucher : “Cela a renforcé notre appui technique avec de vrais professionnels du porc. Avec 1,7 millions de cochons par an, nous nous reposons sur une structure solide, qui pèse. Cela nous a aussi permis de redonner confiance : notre groupement a enregistré onze nouvelles adhésions, l'an passé” sur 140 éleveurs. (1)
Autre point de satisfaction, alors que “2010 s'annonce tout aussi fragile que l'année écoulée”: “Nous avons gagné des parts de marchés.” C'est notamment le cas dans l'alimentation pour ruminants, alors que la tendance chez les concurrents de la zone Ouest est à la baisse.
Le végétal à l'export, une base d'avenir
D'une manière générale, la coopérative s'appuie de plus en plus sur les productions végétales. “On pourrait dire “malheureusement”, note Michel Foucher, puisque c'est aux dépens de l'élevage. Mais la réalité est que les surfaces progressent. Nous devons donc répondre à cette collecte”. Ce sont 21 000 tonnes supplémentaires de céréales et oléo protéagineux qu'il faut gérer. Les capacités de stockages vont ainsi augmenter quand en hors-sol, l'enjeu est plutôt de stabiliser les volumes.
La Cam cherche aussi de nouvelles valorisations pour ces volumes qui ne peuvent plus trouver refuge sur les exploitations de la région. Et c'est à l'export que cela se passe. En une seule campagne, ses ventes de blé vers les silos portuaires sont passées de 3 % habituellement à 20 %. La Cam a appliqué un paiement à la protéine pour ses blés de qualité, commercialisés via l'union Caliance (2). “C'est un débouché à l'export et nous avons ici une opportunité, car il est plus facile sur notre zone de produire ce type de blé qu'en Bretagne.”
Dans son rapport d'orientation, Michel Foucher a proposé “une économie rationnelle” par opposition au discours du lobby écologiste.
L'assemblée générale s'est par ailleurs soldée par deux départs d'administrateurs historiques : Michel Duval, cidriculteur à La Brûlatte, et Jacqueline Barbé, trésorière de la coopérative, agricultrice à Montreuil-Poulay, dont le mari Léon fut vice-président de la Cam il y a une trentaine d'années.
(1) L'Union Capig représentait 630000 porcs, pour 420 éleveurs.
(2) Créée en 2007, l'union de coopératives Caliance (avec Coopagri, Cam 56, Végam) sert de support de commercialisation pour les céréales et les agrofournitures. |

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Frédéric Gérard |
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04/06/2010 |
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