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“Les producteurs de lait doivent rester maîtres" |
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Les producteurs de lait attendent avec scepticisme l’annonce des résultats du groupe d’experts prévue fin juin. C’est ce qu’explique le vice-président de l’OPL, Bernard Fougère, producteur à Saint-Sulpice-des-Landes. |
Nous sommes les patrons sur nos exploitations, et nous tenons à le rester. On est bien sûr d’accord pour dire que l’organisation de la production laitière doit changer, mais pas à n’importe quel prix. On voudrait nous emmener dans un système avec les transformateurs où seuls les volumes seraient contractualisés. Il n’en est pas question ! Si contrat il doit y avoir, c’est pour un volume donné et avec un prix défini à l’avance”. C’est la position défendue par l’OPL (Organisation des producteurs de lait), affiliée à la Coordination rurale. Au sein de l’EMB (European milk board), l’Apli est sur la même ligne.
En début de semaine, l’EMB a réagi au premier bilan tiré par le groupe d’experts de haut niveau, dont les recommandations devraient être connues fin juin. Pour l’EMB, le bilan est décevant : trois auditions, une conférence sur le lait et chaque fois, des questions trop restrictives qui ne permettent pas d’ouvrir le débat sur des instruments alternatifs.
L’OPL plaide pour une organisation des producteurs à l’échelle européenne, déclinée dans chaque Etat membre et par régions. “La participation des producteurs représentatifs serait garantie par les pouvoirs publics”, avance Bernard Fougère. “L’OP aurait deux rôles majeurs : gérer les volumes de production et contractualiser avec les transformateurs pour un volume donné. Elle serait financée par la CVO, qui a cours actuellement. Mais pas question de s’inscrire dans un système comme en Suisse, dans lequel les OP sont attachés à des transformateurs, ce qui amène les entreprises à se
faire la guerre entre elles, sur le dos des producteurs”.
“Le groupe d’experts sans vision globale”
L’OPL et l’EMB ne voient pas en quoi les propositions du groupe d’experts s’inscrivent dans un projet global. Le maintien des anciens instruments de gestion des marchés (interventions et subventions à l’exportation) sont des instruments coûteux. Les deux organisations critiquent les contrats directs entre les producteurs et l’industrie laitière ainsi que les marchés à terme, véritables terrains de jeu des spéculateurs. “Les contrats définis à l’échelle des laiteries ne contiennent aucune régulation du volume total puisqu’ils sont signés uniquement en fonction d’un marché spécifique à la laiterie, poursuit Bernard Fougère. En effet, en cas de marché excédentaire, nous serions en position de faiblesse lors des négociations avec les transformateurs”.
En revanche, l’EMB et l’OPL approuvent l’adaptation du droit de la concurrence en vue de donner un cadre juridique aux accords fixés par les producteurs laitiers sur les volumes et les prix. Le droit du cartel, comme le pratique l’Allemagne, permet de renforcer significativement la position des producteurs laitiers. Il s’agit de dissocier l’agriculture des autres secteurs économiques. Enfin à l’échelle hexagonale, il existe aussi des leviers à actionner. “Les producteurs doivent dire à leurs parlementaires qu’ls n’accepteront pas la contractualisation sans prix rémunérateurs derrière” conclut Bernard Fougère. |

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Christian Evon |
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04/06/2010 |
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