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Article De l'énergie à revendre pour les chaudières
Ce n'est pas le débouché phare de la filière bois. Pourtant, le potentiel est réel et les projets poussent un peu partout. Les convaincus en témoignent.
La filière bois mise beaucoup sur le bois d'œuvre pour asseoir son économie. Mais les temps changent, et avec la crise, les cours du bois se sont effrités. La tempête qui a ravagé le Sud-Ouest et généré des stocks n'a rien arrangé. Les nouveaux débouchés, basés sur l'innovation ou les valorisations locales, sont suivis de près. Parmi les créneaux que les responsables de la filière souhaiteraient développer, le bois énergie intègre les problématiques d'avenir : une gestion durable, un projet de proximité, une indépendance aux énergies fossiles, une diminution des gaz à effet de serre… Entre climat de crise et hausse des matières premières fossiles, les projets ont éclos, en campagne et en ville. “En trois ans, les acteurs de la filière ont pris de la maturité. Ils prouvent que leurs projets sont simples mais efficaces, et qu'ils peuvent être d'envergure”, observe Nicolas Visier, délégué général d'Atlanbois, association qui joue le rôle d'interprofession régionale du bois [lire page ci-contre].
Sur le terrain, Atlanbois se charge d'accompa-gner les projet de plus de 300 kW ou les projets plus complexes, techniquement et juridiquement, organisés avec un réseau de chaleur. D'autres structures prennent le relais dans
les départements pour des installations de moindres ampleurs. “Les gros projets, avec 10 000 tonnes de bois, créent un appel d'air, note Samuel Rialland, coordinateur de projets à Atlanbois. Ils entraînent la mise en place de plateforme et une structuration globale sur un périmètre. Mais il faut aussi des projets de taille moyenne ; ceux-là nécessitent encore des plaquettes, bien calibrées et de bonne qualité, identiques à celles utilisées dans les chaudières des particuliers. L'ensemble crée un réseau local.” Le rôle de Samuel Rialland est aussi qu’à l’avenir, les structures de toutes tailles travaillent ensemble.
Pas de risque de panne sèche
Du côté des forestiers, le vivier ne semble pas près de s'épuiser : “On estime que moins de 50 % de la croissance des arbres est utilisée, explique François Gérard, propriétaire forestier et fabricant de plaquettes en bois de chauffage. Les tailles et les coupes ne sont pas valorisées.” L'implication des forestiers est l'un des enjeux pour structurer un modèle d'approvi-sionnement du bois énergie. La région disposerait d'un potentiel de 415 000 tep (tonne équivalent pétrole), sans compter les forêts publiques.
Le bois issu des haies ne devrait pas manquer non plus. Dominique Bordeau est agriculteur à Peuton, élu Chambre en charge du dossier énergie : “On estime qu'en Mayenne, il y a 27 000 kilomètres de haies et que 2 % seulement du bois est valorisé.” Certes, toutes les haies ne sont pas mobilisables. On s’accorde sur un écart de productivité de 4 m3 à 45 m3 aux 100 mètres de haie. La moyenne du bocage mayennais se situe à 15 m3/100 m de haies ; ce qui équivaut à 100 litres de fuel.

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Auteur Frédéric Gérard Date 09/06/2010
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frederic.gerard@aveniragricole.net


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