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L’innovation aide l’agriculture à changer de cap |
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Les agriculteurs, “sentinelles de la terre”, doivent être au cœur du processus d'innovation qui vise à faire émerger l'agriculture de demain. |
Les Terrenales ont mis en lumière des innovations, la plupart testées par les agriculteurs eux-mêmes, et qui changeront demain la face et la vision du métier. L’agricul-teur doit être placé au cœur du dispositif d’expérimentation. Véritable sentinelle de la terre, il est en première ligne pour faire naître l’agriculture écologiquement intensive. Une idée chère à Hubert Garaud, président de Terrena.
“Avoir la vision c’est bien, mais
encore faut-il savoir quel chemin prendre pour y parvenir” explique Alain Montembault, directeur scientifique et Recherche et Développement chez Terrena. Il était l’un des participants à la table ronde sur la façon dont l’agricul-ture va changer de cap. “En tant qu’organisation économique,
notre coopérative possède tous les atouts pour le faire. Il y a une dynamique à mettre en place dans toutes nos filières autour du thème : bien nourrir les animaux pour bien nourrir les hommes.” Adhérents, agriculteurs élus et salariés doivent se situer au centre du process, travailler de façon transversale et anticiper.
“Il faut arrêter les antagonismes et cesser d’opposer les types d’agri-cultures entre eux : bio, conventionnel, etc“ poursuit sur le même
thème Gérard Guilbaud, agriculteur dans le sud Loire, chargé de l’animation coopérative et mem-bre du bureau de Terrena. “Une fenêtre s’est ouverte au moment du Grenelle et l’agriculture doit en profiter. On a un potentiel énorme : il faut sans tabou partager nos expériences et ne rien s’interdire.”
L’innovation fait partie prenante de la stratégie de nombreux acteurs de l’agroalimentaire de notre région, rassemblés dans le cluster West. “Nous sommes en passe d’être reconnus au niveau européen” explique Jean-Yves Delaune, directeur général délégué de la structure et membre du conseil d’administration de l’AEI. Le cluster West a été bâti autour du concept du bien manger durable par ses fondateurs, dans le but de renforcer leur compétitivité. “L’agriculteur peut être un entrepreneur de droit commun et
devrait, à ce titre, avoir droit à des aides à l’innovation ou au crédit impôt-recherche” poursuit Jean-Yves Delaune.
Une agriculture “bio-intensive” au Kenya
Loin de chez nous aussi, d’autres paysans essaient de se servir de la terre comme un support. Au Kenya, Rosemary Namatsy travaille dans un centre de formation qui met en pratique une agriculture “bio-intensive“ à bas coût, destinée aux petits paysans pour assurer leur sécurité alimentaire et le développement de la production de plants. On utilise les matériaux disponibles sur place : tous les résidus de cultures sont compostés pour donner un fertilisant. Il s’agit des résidus animaux et aussi
humains, comme la cendre ou l’urine de vache, qui agit comme un pesticide. Ce système s’adapte très bien aux petites exploitations (500 ares de moyenne) peu mécanisées du Kenya. “Le bouche à oreille nous sert à diffuser ces bonnes pratiques agricoles. Cela passe par la formation d’étudiants ou de paysans, par le service de développement et la recherche” explique Rosemary Namatsy. Le centre de Kitalé dépasse les frontières du Kenya et son rayonnement se fait sentir en Ouganda et au Rwanda. |

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Christian Evon |
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04/06/2010 |
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