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Champignon, insecte ou algue, le “biocontrôle” tente d’aider la plante à lutter différemment contre ses agresseurs. Explications. |
Ce n’est pas de la lutte intégrée, mais ce ne sont pas non plus des pesticides. Certaines firmes mettent au point des produits qui accompagneraient la plante dans sa lutte contre les agresseurs. On
appelle cela le “biocontrôle”. Il s’agit de transformer les mécanismes secrets de fonctionnement des plantes en solutions nouvelles exploitables par les agriculteurs.
La multinationale Bayer travaille sur les mycorhizes. Il s’agit d’envoyer un signal chimique à la semence. Cela peut concerner le maïs, ou toute autre plante mycotrophe, c’est-à-dire à peu près toutes, à l’exception du colza et de la betterave. ”La plante, stimulée, dit aux mycorhizes “j’ai besoin de vous”, explique Pascal Caruhel, responsable du développement agronomique. Le champignon arrive alors et constitue une barrière contre les agresseurs. Il aide les racines de la plante à utiliser les ressources du sol, à se développer. Le procédé est déjà utilisé aux Etats-Unis. En France, ces stimulateurs de mycorhize pourraient débarquer sur le marché d’ici trois à cinq ans.
Autre piste, l’utilisation du trichogramme sur le maïs, pour lutter contre la pyrale. Il s’agit d’un petit insecte qui va parasiter les larves. Il est actuellement testé sur plusieurs milliers d’hectares en France.
La société Goëmar, à Saint-Malo, a elle aussi choisi de miser sur l’utilisation de substances naturelles. Ses produits sont fabriqués à base d’algues. “Quand un agresseur attaque une plante, il produit d’abord une molécule. La plante produit des molécules pour le combattre et limiter son développement, explique Arnaud Labarre. Cette molécule, la laminarine, a la même structure chimique que celle produite par l’agresseur. Quand on l’applique sur la culture, elle va produire les molécules qui vont permettre de le combattre. Quand l’agresseur viendra attaquer la plante, cette dernière sera déjà prête à se défendre”. Le produit est un stimulateur de défenses naturelles, il consiste à prévenir précocement et remplacer un fongicide.
Augmenter les rendements
Toutes ces pistes visent à conserver les rendements, en diminuant l’usage des produits phytosanitaires. Mais l’objectif peut aussi consister à augmenter les rendements. “Une plante met en œuvre une quantité considérable d’éner-gie pour combattre les différents stress (adventices, champignons, température, rayonnement, etc.), et toute cette dépense d’énergie affecte les rendements, explique Pascal Caruhel, de Bayer. Si on répond à ce problème de stress, on peut gagner 20 à 60 % de rendement”. Plusieurs pistes existent. Elles consistent à aider la plante à reconnaître dans le sol les micro-orga-
nismes dont elle a besoin, ou encore à trouver les moyens d’aider la plante à résister au stress hydrique. “On cherche actuellement les molécules, les produits à pulvériser pour aider la plante à se préparer à gérer ce stress. Ces mécanismes s’éloigneraient suffisamment du champ d’action des phytos classiques pour que l’on connaisse des problèmes analogues à ceux qu’ils engendrent”, prévient Pascal Caruhel. Mais il s’agirait encore de chimie.
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Antoine Humeau |
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04/06/2010 |
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