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Article L’AEI séduit 10 000 personnes
7 500 personnes étaient attendues aux Terrenales. Ils étaient finalement 10 000. L’Agriculture écologiquement intensive (AEI) doit maintenant se concrétiser et “réconcilier les gens avec l’agriculture”.
Parmi les 10 000 visiteurs des Terrenales, les agriculteurs n’étaient que 7 000, les autres étant des salariés de Terrena. “On voulait que les techniciens puissent s’im-prégner de la logique, comprendre le sens de notre démarche car cela remet en cause les métiers de la coopérative, sur le long terme”, justifie Christophe Couroussé, le directeur de la communication de Terrena. De fait, dire à des commerciaux en produits phytosanitaires qu’ils devront en ven-dre moins, cela s’annonce délicat ! Ils devront s’adapter aux produits alternatifs ou aux semences de couverts végétaux. Ces deux journées, annoncées comme le “premier rendez-vous mondial de l’agriculture écologiquement intensive”, ont donc permis d’amorcer cette petite révolution des esprits au sein de la coopérative.
“Si les plantes n’avaient pas un mécanisme de défense contre les insectes, il n’y aurait plus de plantes, et donc plus d’insectes”, rappelle Michel Griffon, inventeur de l’AEI (agriculture écologiquement intensive). “L’un des
objectifs de l’AEI est de réconcilier les gens avec l’agriculture” annonce Hubert Garaud, le président
de Terrena, qui avoue avoir eu quelques craintes au départ sur la réaction des adhérents. “Au final, beaucoup d’entre eux étaient déjà engagés dans cette démarche”.

“Eleveurs de vers de terre”

La “démarche”, c’est utiliser les progrès techniques sans mettre en péril les ressources ou dégrader la qualité des sols et des eaux. Mettre en place des couverts végétaux pour éviter de labourer, associer des légumineuses et des céréales, valoriser les effluents en méthane ou opter pour le binage du maïs guidé par satellite. Il s’agit de “faire des contraintes environnementales des opportunités”. “On a fini d’appeler les agriculteurs des “laboureurs”, résume Bruno Parmentier, le directeur de l’ESA d’Angers. Il faut maintenant les appeler “éleveurs de vers de terre”. Pour lui, il faut produire de la technique végétale hiver comme été : “Ça me fend le cœur de voir que fin mai, il y a encore des sols nus qui ne fixent pas le carbone.”
Et si l’AEI s’appuie sur le progrès technologique, elle ne repose pas uniquement dessus, rappelle l’ancienne députée verte Marie-Hélène Aubert, membre de l’association AEI : “Je ne crois pas au miracle technologique, nous sommes dans une démarche qui parie sur la ressource humaine.” Christophe Couroussé ne dit
pas autre chose quand il veut s’appuyer sur les démarches individuelles sur le terrain. Les promoteurs de la bio suivent depuis longtempscette logique. “Si on n’a pas employé le terme de développement durable, c’est parce qu’il a été trop souvent galvaudé. Ce qu’on attend de l’agriculture, ce n’est pas qu’elle fasse bien des choses marginales, mais qu’elle produise mieux”.­

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Auteur Antoine Humeau Date 04/06/2010
N° 1451
antoine.humeau@aveniragricole.net


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