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Les boucles d’identification défectueuses ? |
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Le tribunal d’Angers rendra sa décision jeudi 3 juillet, concernant l’affaire des
boucles d’identification qui oppose Michel Guémas à l’EDE et la firme Reyflex.
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Voilà déjà près de six ans que Michel Guémas veut faire condamner la firme Reyflex et l’Etablissement départemental d’élevage de Maine-et-Loire (EDE), leur reprochant de lui avoir livré des
boucles d’identification défectueuses. En septembre 2002, cet éleveur laitier et allaitant de Mozé-sur-Louet, à une vingtaine de kilomètres au sud d’Angers, a subi un contrôle inopiné. Ce jour-là, le fonctionnaire de la DDA découvre que 25 de ses génisses sont sans boucles, et que quelques autres en ont perdu une. Michel Guémas se voit infliger une pénalité sur les primes et un retrait de ses filiations. Soit une perte financière qu’il estime au total à plus de 10 000 euros. Pas question d’en rester là, pour lui les boucles étaient défectueuses. Il porte plainte contre la société qui a fabriqué les boucles, Reyflex, et l’EDE, qui les distribue. Des analyses chimiques en labo sont ordonnées pour analyser la composition du plastique utilisé et tester leur résistance, mais ne révèlent rien de particulièrement défectueux. Un expert vétérinaire est désigné, et il constate que l’on ne parvient pas à connaître l’origine de la défaillance. Il conclut en tout cas que cela ne provient pas de l’éleveur, et laisse entendre que la faute reviendrait à l’EDE. “La société Reyflex peut soutenir que l’on n’a pas trouvé d’explication à ces problèmes, si ce n’est pas la faute du Gaec, ça vient bien d’une erreur de conception des boucles”, explique Henri Loiseau, l’avocat de Michel Guémas.
“L’EDE, coupable
solidairement”
Pour l’éleveur en tout cas, l’EDE n’a pas respecté son engagement. Lorsqu’il avait choisi Reyflex comme fournisseur des boucles, il lui avait fait signer un “cahier des charges des clauses particulières”, stipulant notamment que le taux de pertes de boucles ne devait pas excéder 5 % (à cinq ans). Un cahier des charges qui n’a visiblement jamais été respecté, car en dix ans, pas moins de 700 000 boucles ont dû être remplacées sur l’ensemble des élevages du département, un nombre anormalement élevé. “Reyflex est coupable, et l’EDE l’est solidairement”, résume Me Loiseau, qui reproche aussi à l’EDE de n’avoir pas voulu produire devant la justice de comptabilité matière de toutes les boucles du département qui ont été remplacées. “Les chiffres sont publics”, répond Patrice Dougé, le directeur de l’EDE, qui précise que le taux de rebouclage était dans la moyenne des autres départements français. “Pourquoi y a-t-il de tels écarts de taux de rebouclage d’un élevage à l’autre ?” s’interroge encore le directeur de l’EDE, accusant à demi-mot Michel Guémas. “Il y a des pièges à boucles, on les connaît, ce sont les ficelles qui sont restées dans les rateliers, ou les cornadis défectueux.”
Au-delà de cette affaire particulière, l’avocat de l’éleveur pointe du doigt une certaine forme d’omerta qui semble régner sur ce dossier global : “Ce qui nous a doublement gêné, c’est que personne au sein des organisations agricoles n’a osé attester, témoigner de ce problème général.”
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Antoine Humeau |
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27/06/2008 |
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