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Article Terrena repousse les OGM après 2009 
Terrena ne commercialisera pas de semences OGM avant 2010, mais veut s’impliquer dans la recherche sur les biotechnologies. La coopérative veut aussi s’orienter vers la bio et la réduction des phytos.
La première coopérative de France veut s’orienter vers une agriculture “écologiquement intensive”. Pour le nouveau directeur général Alain Guillemin, il s’agit d’une troisième voie qui consiste à “s’engager à la fois vers la préservation des écosystèmes et un haut niveau de productivité”. Ces orientations, annoncées mercredi 5 mars devant la presse, sont la conséquence du Grenelle de l’Environnement et des débats internes organisés par Terrena en janvier. Trente-quatre réunions publiques étaient organisées dans les bassins de vie de la coopérative pour débattre de la question épineuse des OGM. Cela faisait suite aux vives protestations qu’avait provoqué la mise en culture de 35 hectares de maïs semences OGM Mon 810, l’an dernier. Des questionnaires avaient aussi été envoyés aux adhérents en janvier pour les sonder sur les OGM, les phytos ou encore les agrocarburants (lire ci-dessous). Les administrateurs de Terrena se sont donc appuyés sur les résultats de cette enquête pour décider de leurs dernières orientations.
Prudence sur les OGM
Si les adhérents semblent majoritairement hostiles aux OGM, la coopérative, en revanche, ne paraît pas avoir pris une orientation très ferme sur la question. Le conseil d’administration a décidé de mettre en place une veille technologique active sur l’en-semble des recherches en matière de biotechnologies, et veut établir des partenariats avec les instituts de recherche publics et les entreprises, “pour ne pas décrocher des technologies
qui pourraient être demain
déterminantes en matière de compétitivité des entreprises et exploitations”.
Pour autant, la coopérative affiche une certaine prudence. Le conseil d’administration a décidé de ne pas commercialiser de semences OGM à ses adhérents en 2008 et 2009 et de “renouveler cet engagement au-delà si les conditions d’une cohabitation pacifiée de ces cultures avec le reste de l’agriculture ne sont pas réunies”. Terrena entend aussi travailler à la création d’un lieu de concertation entre les différents modes de production et les différents utilisateurs de l’espace agricole pour “poursuivre le débat sur la coexistence des cultures”. Elle proposera aussi un amendement à la loi actuellement en discussion pour rendre obligatoire la création de structures de concertation régionales. Et en matière de nutrition animale, la coopérative va maintenir un approvisionnement en soja non OGM et veut “développer un approvisionnement français en protéine pour la nutrition animale”.
Vers des pratiques
agricoles plus vertueuses
En ce qui concerne les phytos, les énergies renouvelables et l’agri-culture biologique, Terrena semble vouloir accompagner le mouvement amorcé par le Grenelle. Elle mettra en place une information claire et pratique pour que chaque utilisateur connaisse la dangerosité pour sa santé et l’environnement. Plus symbolique, la coop supprime toute forme d’intéres-sement de ses conseillers aux volumes de produits phytos vendus. Pas sûr que cela suffise à réduire de moitié le volume de pesticides, comme le souhaite le ministre de l’Environnement. Mais Terrena compte accompagner ses adhérents à se convertir au bio. Elle réalisera des essais culturaux et développera une démarche commerciale complémentaire aux débouchés actuels. Une commission bio sera même créée prochainement, une première en France pour une coopérative polyvalente. Quant aux énergies renouvelables, deux orientations sont annoncées : une proposition d’offre “bilan énergétique” pour développer le photovoltaïque sur les bâtiments et la valorisation de déchets d’abattoir sous forme d’engrais organique.
Pour Alain Guillemin, ces nouvelles orientations ne sont rien de moins qu’une “nouvelle forme d’agriculture basée sur la connaissance et le respect”.



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Auteur Antoine Humeau Date 07/03/2008
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