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Article Pas d’agriculture durable sans équilibre économiqu
Si les débats Terrena sont consacrés en grande partie aux OGM, une place est réservée à l’agriculture de demain. Phytos et agriculture bio étaient largement débattus mardi dernier, à Blain en Loire-Atlantique.
Ils étaient une cinquantaine d’exploitants à avoir répon-du présent à l’invitation de Terrena mardi dernier au château de la Groulais à Blain. Tandis que la première heure du débat organisé par la coopérative était consacrée aux OGM, la deuxième avait pour thème l’agriculture du futur.
En préambule, un petit film est présenté aux adhérents dans lequel le ministre de l’Agriculture Michel Barnier revient sur les conclusions du Grenelle de l’Environnement : enjeux énergétiques, réduction en dix ans de la moitié des produits phytosanitaires et développement de l’agriculture biologique.
“Ce n’est pas par plaisir que l’on utilise les phytos, c’est une question de coût, affirme Dominique Michenot, aviculteur et éleveur de bovins installé en Gaec à Treillères. Si je pouvais m’en passer complètement je le ferais volontiers”. La plupart des adhérents s’accorde en effet sur la nécessité de trouver des méthodes alternatives.
Valoriser les engrais
organiques
“La finalité aujourd’hui n’est pas tant la baisse des phytos mais surtout d’éviter de les retrouver dans l’eau, explique Lancelot Leroy, agronome de Terrena. Concernant les engrais nous avons la chance d’être dans une région d’élevage et d’avoir un véritable engrais organique que nous devons mieux valoriser sur nos cultures”.
“Comment une coopérative vendeuse peut-elle prendre part à la réduction des phytos et engrais ?” s’étonne un agriculteur. “Notre rôle n’est pas de vendre à tout prix mais de vous accompagner au mieux, souligne Jean-Yves Ménard, administrateur Terrena. Je n’imagine pas une agriculture durable dans laquelle les exploitants ne s’y retrouvent pas en terme d’économie. C’est pourquoi la coopérative essaye aujourd’hui de se faire le relais d’autres méthodes. Il y a ainsi un gros travail à faire sur la sélection variétale afin de trouver des variétés qui demandent moins d’engrais. Dans les travaux de recherches menés à Terrena, nous refusons d’opposer le bio au conventionnel. Quand un technicien est affecté à un thème il regarde toutes les solutions.”
Le consommateur au
centre des préoccupations
“Il ne faut pas se leurrer, estime Dominique Michenot. Il est impossible de mettre tout le monde en bio. Je connais différents exploitants et pense qu’il faut être plus fort techniquement que pour réussir en classique”.
Certains s’inquiètent d’une concurrence déloyale par rapport à d’autres pays. “Les normes qui définissent le bio sont-elles les mêmes dans toute l’Europe”, questionne Jean-Michel Baudet, éleveur de porcs à Blain. “Le débat a lieu en ce moment dans la société bio, il y a une volonté de la Commission européenne de les harmoniser, explique Jacques Cochy, agriculteur bio et conseiller régional Verts. Nous essayons que cette harmonisation ne se fasse pas par le bas”. [lire page 24]
Aussi bien sur les OGM que sur l’agriculture bio, l’attitude des consommateurs reste le sujet de nombreuses questions. “Les sondages indiquent que 70 % des gens ne veulent pas d’OGM, mais qu’en est-il de la réalité ?” interroge un agriculteur.
“Si on veut des produits tracés, il y aura un surcoût, affirme Jean-Yves Ménard. Il y a un grand travail de communication à faire car s’il veut des produits de qualité, le consommateur doit être prêt à mettre la main au porte-monnaie”.

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Auteur F. H. Date 24/01/2008
N° 1332


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