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OGM:un règlement entre nous, sans attendre la loi |
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Jusqu’au 25 janvier, les débats de Terrena permettent aux 26 000 adhérents de débattre des OGM, mais aussi des phytos, des agrocarburants ou de la bio. Exemple à Saint-Augustin-des-Bois (Maine-et-Loire). |
Il y a quelques pro-OGM, quelques anti-OGM, mais pour la plupart, les adhérents de Terrena présents ne savent pas bien ce qu’ils en pensent. S’ils sont venus mardi matin à Saint-Augustin-des-Bois, c’est surtout pour se faire un avis. Comme cet agriculteur qui, dès la projection du film d’introduction, félicite son caractère “impartial”. “Notre volonté, c’est bien de nous orienter dans une démarche d’impartialité totale” répond Marcel Placet qui assiste, avec les huit autres membres du bureau, à quatre des 34 débats organisés dans chacun des bassins de vie de la coop. La réunion est animée par l’administrateur du bassin, Jean-Yves Ménard.
“Quelle est cette toxine produite par le BT ?” interroge un participant, “quelles allergies cela peut-il entraîner ?” demande un autre. Un technicien de la coopérative, Laurent Largant, répond aux questions techniques.
Un adhérent s’inquiète de l’éventuelle perte de compétitivité de l’Europe, et se demande comment freiner l’importation massive d’OGM. “Cela devient de plus en plus dur de trouver du soja non OGM” remarque Marcel Placet. “Pourra-t-on tenir techniquement et économiquement si on refuse les OGM ? Je n’ai pas la réponse à ce jour”, confie-t-il, convaincu qu’“en France, il faut une recherche sur les OGM. Ne pas pouvoir le faire en milieu ouvert c’est un souci”. “Economiquement, refuser les OGM peut être un atout à plus ou moins long terme”, dit un autre. “A très court terme c’est tenable, demain je ne sais pas” rétorque Marcel Placet. “A-t-on le choix de produire sans OGM si les OGM sont autorisés ?” demande André Roulleau, farouche opposant aux OGM, posant ainsi la question de la coexistence des cultures. “En cas de contamination je perds
ma certification, deux ans et 25 000 euros” explique un agriculteur bio. “Si on compte arriver à 20 % d’agriculture bio dans le futur, avec les OGM on va droit dans le mur”, s’alarme un autre. Et “y aura-t-il des assurances, pour couvrir les risques ?” questionne un participant. Personne n’a de réponse. Jean-Luc Guinaudeau, de Bouchemaine, préfère ne pas compter trop sur les pouvoirs publics et suggère de s’organiser “entre nous : il faut qu’on se mette autour d’une table, qu’on fasse une sorte de convention avec un règlement entre nous, sans attendre un règlement judiciaire qui risque d’être un couperet pour certains. La cohabitation, oui, mais en respectant le voisin, en définissant entre nous les conditions”. André Roulleau, convaincu de l’impossibilité de faire coexister les OGM avec des cultures non-OGM, rappelle que les filières de colza bio ont été anéanties au fil des années, par l’envahissement des OGM. “De toute façon, on ne pourra produire que ce que les consommateurs attendent”, rappelle Jean-Luc Guinaudeau.
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Antoine Humeau |
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18/01/2008 |
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