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Article Du peuplier au saumon,où trouvet-on les OGM?
Le terme OGM suscite des débats passionnés. Or, les OGM ne concernent pas que le maïs.
Les organismes génétiquement modifiés sont déjà utilisés dans divers domaines. Tour d’horizon.
Trois types d’OGM sont étudiés ou utilisés : ceux de la recherche fondamentale (peuplier, souris), ceux de la recherche médicale (insuline, vaccin) et ceux de la recherche agroalimentaire (maïs, saumon).
1- Recherche fondamentale : bactérie, peuplier et maladie de la vache folle
Génome. Les bactéries sont fréquemment utilisées en laboratoire. Naturellement leur croissance rapide et leur facilité de culture en font un outil indispensable pour la recherche. Des bactéries ont été utilisées lors du séquençage du génome humain. L’introduction des fragments d’ADN humain dans plus de 30 000 bactéries E. Coli a permis de multiplier l’ADN humain. Les multiplicats d’ADN ont ensuite été séquencés, ce qui a permis de connaître en entier le génome humain. Du fait de l’introduction du génome humain dans les bactéries, celles-ci, en laboratoire, sont devenues transgéniques.
Peuplier. Le peuplier est un arbre utilisé dans l’industrie du papier. L’élimination de la lignine, qui est un constituant des cellules du bois, est indispensable lors de la production du papier. Elle nécessite un procédé coûteux et polluant. L’unité AGFP (Amélioration génétique et physiologie forestière) de l’Inra d’Orléans, travaille sur les peupliers transgéniques. Des peupliers produisant moins de lignine ont été mis au point. Après étude, il a été montré que la fabrication de papier via les peupliers transgéniques est moins coûteuse, moins polluante et produit un papier de meilleure qualité.
ESB. Les scientifiques de l’Inra de Jouy-en-Josas travaillent sur la maladie de la vache folle ainsi que sur la maladie de la tremblante, observée chez le mouton. Les chercheurs font exprimer les symptômes de ces deux maladies chez des souris, alors transgéniques. A partir des animaux modifiés, les scientifiques ont pu mettre en place un test diagnostiquant la maladie post-mortem. Cependant ils souhaiteraient créer un test dépistant les maladies ante-mortem. Pour cela, il est nécessaire de comprendre les causes précises de cette maladie ainsi que le facteur de transmission à l’homme ou aux autres animaux.
2- Recherche médicale : l’insuline
Insuline. L’insuline est une hormone diminuant la concentration de glucose dans le sang. Elle est indispensable pour les diabétiques et provenait autrefois d’un pancréas de bœuf ou de porc. Mais depuis les années quatre-vingts, cette hormone est produite en grande quantité par des OGM. L’insuline humaine a d’abord été produite par génie génétique chez le porc. Aujourd’hui, l’ADN de l’insuline humaine est introduit dans des bactéries. Les bactéries modifiées génétiquement produisent alors l’insuline humaine.
Cortisone. D’autres médicaments sont élaborés dans des micro-organismes modifiés génétiquement. La cortisone, est un anti-inflammatoire très utilisé. Elle est produite par des levures transgéniques semblables à celles requises pour la fabrication de la pâte à pain. Cette méthode de production est simple comparée au procédé industriel.
Hépatite B. Il existe aussi le vaccin de l’hépatite B. Ce vaccin contient des bactéries génétiquement modifiées E. Coli produisant de l’hormone de croissance. C’est la production de l’hormone par génie génétique qui permet de vacciner contre l’hépatite B. Cependant, ces bactéries doivent être purifiées car elles possèdent des facteurs pouvant induire la fièvre. Mais cette purification a un coût élevé se répercutant sur le prix du vaccin.
3- OGM agroalimentaire : papayes d’Hawaï, saumon et maïs
Papayes. Suite à une propagation du virus Ringspot (PRSV) transmis par les insectes, les papayes de l’île d’Hawaï ont été dévastées. Ceci a perturbé l’économie de l’île. Des chercheurs américains, Gonsalves et Dennis (des universités d’Hawaï et de Cornell à New-York), ont élaboré une papaye transgénique résistante au virus PRSV. Les premières papayes OGM sont arrivées sur le marché américain en 1999. D’après Greenpeace, ces papayes transgéniques ont plutôt accéléré la disparition de la papaye. Ces papayes transgéniques étaient davantage sensibles aux champignons noirs et semblaient provoquer des allergies. Mais les partisans des papayes OGM espèrent contribuer à sauver la filière.
Saumons. La firme américaine AF Protein, travaille sur des saumons transgéniques de l’Atlantique au Canada afin que l’hormone de croissance soit synthétisée toute l’année. Ces saumons vont donc évoluer rapidement puisqu’au bout de dix-huit mois, ils seront cinq fois plus grands que les saumons d’élevage standards. Ceci abaisse de manière considérable les coûts de revient. De plus, les modifications sont héréditaires et le saumon transgénique semble identique au saumon d’élevage traditionnel sauf qu’il a d’avantage besoin d’oxygène. Si toutefois ce saumon transgénique était commercialisé, certains écologistes et producteurs traditionnels de saumon d’élevage appréhendent une transmission au saumon sauvage. Des recherches sont en cours afin de savoir s’il n’y a pas de risque de contamination chez l’homme.
Maïs. Le maïs Bt qui produit un insecticide contre la pyrale est l’un des OGM les plus répandus. Il a été créé pour empêcher les dégâts des champs de maïs par un papillon de nuit, la pyrale. Ce maïs a été modifié de façon à produire des toxines présentes naturellement chez le Bacillus (Bactérie). Ces toxines bloquent le fonctionnement de l’appareil digestif de la pyrale.
Selon les études de Gilles-Eric Séralini, président du conseil scientifique CRII-GEN, la consommation de maïs « MON863 » semble induire une certaine toxicité au niveau du sang, du foie et des reins des animaux testés en laboratoire (lire ci-contre).



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Auteur Nadège Bourgeais, Kévin Ader Date 15/06/2007
N° 1302


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