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Le pâturage, Christian en fait son affaire |
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A Derval, dans le nord de la Loire-Atlantique, Christian Perraud pratique une gestion pointue du pâturage pour nourrir son troupeau normand. “J’aime qu’elles aient assez à manger, mais sans gaspiller.” |
Le mois de mai nous enlève tout ou nous amène tout” indique Christian Perraud. Après plusieurs années fourragères “potables”, il porte un œil attentif à la météo. “Il faudrait une trentaine de millimètres d’eau. L’exploitation est située sur des sols plus ou moins schisteux, à faible réserve en eau. On a eu un automne très sec suivi par un hiver rigoureux avec une alternance de froid et d’humidité, plus des sols infestés par des tipules. Les pâtures disposaient de faibles réserves pour passer l’hiver. Pour la première fois depuis trois ans, j’ai dû apporter de l’azote pour jouer la sécurité.”
Son quota est de 190 000 litres mais ses 28 vaches Normandes produisent environ 175 000 litres, à 6 500 kg de lait brut (TB : 44 ; TP : 36). Il utilise le croisement à hauteur de 40 % (Blanc Bleu Belge, Inra 95 et Charolais d’excellence) et élève quelques bœufs. “La Normande est une race bien adaptée au pâturage et qui valorise bien l’azote. Mais elle un peu coûteuse en ration hivernale.” A côté des 12 ha de cultures (maïs, blé et orge), la majeure partie de ses 41 ha est en herbe : 12 ha de RGA/TB destinés au pâturage des vaches, 12 autres ha constitués de prairies multi-espèces (en majorité des graminées), plutôt destinées à la fauche, et le reste en prairies naturelles.
Gestion fine du pâturage à l’aide des paddocks
“Je compte 100 jours de pâturage et je ferme le silo vers le 15 avril. Autour du 20 juillet, la ration comporte 4 à 5 kg MS de maïs et de l’enrubannage de qualité, distribué au pré, au râtelier. Puis progressivement à partir de la mi-octobre, du pâturage s’intègre dans la ration. Je rentre les animaux début décembre. La ration hivernale est “calée” sur 16 kg : 4 kg MS d’ensi-lage d’herbe, 5 kg de foin de très bonne qualité et 16 kg d’ensilage de maïs. Plus 2,5 kg de tourteau de colza, 100 g d’urée et du bicarbonate de soude.”
Christian Perraud sort ses animaux non en fonction de la hauteur de l’herbe, mais par rapport à la portance des sols. Au mieux le 29 janvier et cette année, seulement le 6 mars. Sur 10 ha en RGA-TB, divisée en 18 paddocks, ses vaches pâturent à raison de trois jours par paddock d’environ 500 ares. Si la hauteur d’herbe n’est pas importante, elles utilisent le paddock entier. Dans le cas contraire, le pâturage se fait au fil avant. Le temps de retour sur un paddock varie entre 35 et 50 jours.
L’éleveur s’est inspiré d’André Pochon et d’André Voisin, dont le livre La productivité de l’herbe, publié en 1957, fait toujours référence. “Je pratique aussi le débrayage et en général, tout est déprimé. La gestion de l’épiaison est difficile. J’utilise des variétés demi-tardives pour une pleine épiaison vers le 5 juin : en les fauchant vers le 20 mai, j’obtiens des repousses de qualité. Mais de temps en temps, des parcelles avec épis sont à pâturer.”
Minimiser les achats
“L’exploitation est très groupée, et donc bien adaptée au pâturage, continue Christin Perraud. La fin de l’hiver est une période un peu plus stressante pour moi : en cas de sortie précoce des animaux, je sais que je vais économiser des concentrés et du maïs pour faire du report”. L’éleveur surveille de très près ses achats extérieurs. “En moyenne, j’achète 4 t d’ammo-nitrate par an, valorisé essentiellement sur céréales. J’utilise un peu de 18-46 (120 kg/ha de maïs) et 12 t de chaux par an, sauf l’an dernier. En période de pâturage, j’achète 2 kg d’orge (ou triticale), soit environ 8 t par an. Avec les 10 à 12 t de tourteau de colza, ça fait 20 tonnes, soit environ 700 kg par VL et par an.” L’éleveur n’apporte plus de minéral en période de pâturage. |

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Christian Evon |
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07/05/2008 |
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