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La luzerne, une légumineuse qui permet d’être auto |
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Compte tenu de sa forte valeur protéique, la luzerne est un des moyens de limiter l’ap-provisionnement en soja ou autres apports extérieurs. Ses qualités sont nombreuses, aussi bien d’un point de vue agronomique que nutritionnel. |
Avec un rendement moyen de 12 tonnes à l’hectare, la production est importante. C’est l’un des points forts de cette légumineuse. Cette culture peut sembler un peu coûteuse au départ, mais on peut la garder jusqu’à cinq, voire sept ans, d’autant que grâce à son bon système racinaire, elle est moins sensible au stress hydrique, en période de sécheresse. L’implantation est simple, sans couverts. “On peut l’associer à un trèfle violet”, suggère Fabien Derepper, conseiller technique en production laitière au Civam AD de la Mayenne. Le trèfle violet est moins riche en cellulose et protéines, mais avec une meilleure concentration énergétique. “La première année, on a essentiellement du trèfle violet, puis au bout de deux ans, la
luzerne commence à produire correctement.”
Foin, pâturage ou en concentrés ?
La principale façon de la valoriser est le foin. Il est très riche mais plus technique à réaliser : “Il faut le récolter à un stade où la culture a produit suffisamment, mais à un stade pas trop avancé non plus, pour ne pas perdre les feuilles, car la luzerne sèche assez rapidement”, prévient Fabien Derepper. Voilà sans doute pourquoi la luzerne est plébiscitée par les sécheurs en grange. C’est le cas d’Antoine Hocdé, éleveur laitier à La Roë, dans le Sud-Mayenne, et vice-président du Civam de son département : “Je récolte à 60 % de matière sèche, puis je sèche en grange.” Cela fait huit ans qu’il produit de la luzerne. “Au début, c’était pour remplacer le lupin qui pose des problèmes de rendement et de désherbage, et le colza. Le foin de luzerne amène des protéines et des fibres, je l’associe à
un foin multi-espèces.” Stéphane Gaultier, de Méral (Mayenne), broie le foin en big-baller, car “si ce n’est pas haché, les vaches ont tendance à laisser les fibres”.
La luzerne en pâturage est également possible, mais moins con-seillé. “Quand la fleur apparaît, il faut pâturer au fil pour rationner, sinon l’apport d’azote est trop important et pourrait rendre malades les animaux”, explique le technicien du Civam. L’idéal est donc un pâturage d’automne après la dernière fauche. C’est ce qu’a fait Antoine Hocdé l’an dernier. “Attention toutefois à ne pas surpâturer quand le sol est humide. La luzerne est sensible au
piétinement, et elle risquerait de disparaître à terme.” Raymond Penhouët attend, lui, les premières gelées et laisse ses vaches “presque jusqu’au 15 décembre”.
Sous forme déshydratée, le stockage est simple
En enrubannage, la luzerne présente plusieurs inconvénients. D’une part, elle risque de percer les bâches du fait de la robustesse de ses tiges, et occasionner des problèmes de conservation. D’autre part, c’est un fourrage si appétant qu’il faut pouvoir rationner les vaches.
En ensilage, la luzerne peut être mélangée avec du maïs, “cela permet d’avoir une ration équilibrée à l’auge, l’hiver”, observe Stéphane Gaultier.
Enfin, sous forme déshydratée, la luzerne présente de nombreux avantages, notamment la possibilité d’intervenir tôt dans la saison (pour conserver les feuilles). Le stockage et la distribution sont simples. L’inconvénient majeur est le coût financier et énergétique. Pour Fabien Derepper, il vaut mieux “être à moins de dix
ou quinze kilomètres de l’usine de déshydratation, sinon ce choix perd de sa pertinence”. |

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Antoine Humeau |
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07/05/2008 |
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