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Construire son système herbager étape par étape |
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Eric Favre est agriculteur à Blain, en Loire-Atlantique. Ancien conseiller, il assure des formations auprès de groupes d’agriculteurs et les aide à construire leur système herbager. |
Ce qui rend les systèmes herbagers intéressants, ça n’est pas l’herbe en tant que telle mais bien parce qu’ils dégagent de meilleurs résultats économiques que les autres” avance Eric Favre. “Dans ces systèmes, on rencontre beaucoup d’agriculteurs qui continuent à vivre de leur métier, même si leurs résultats ont baissé. Ils le doivent à leurs coûts de production plus faibles, ce qui est encore plus vrai quand le prix du lait diminue” précise l’agriculteur.
Faire la chasse aux gaspis
“Que ce soit sur la fertilisation, les concentrés ou les charges de mécanisation, il y a souvent beaucoup à gagner, sans tout remettre en cause” explique Eric Favre. L’étape suivante consiste à fermer son silo au printemps. “C’est une des bases de la réussite : il faut faire pâturer davantage tout en réduisant ses besoins en fourrage conservé. En effet, si j’implante des surfaces en herbe mais que je n’augmente pas la part de l’herbe pâturée dans la ration, je n’améliorerai pas mes résultats et en plus je les dégraderai en augmentant mes charges”.
A l’automne suivant, l’éleveur pourra commencer à implanter ses prairies à la place des surfaces en cultures. Progressivement, le maïs distribué va diminuer. Ce n’est que quelques années plus tard, en constatant que le tas de maïs grossit que l’agriculteur pourra réduire ses surfaces de maïs. Eric Favre met en garde : “ça n’est pas une démarche naturelle et beaucoup d’éleveurs peuvent échouer”.
Avec plus d’herbe pâturée dans la ration se posera la question de la diminution de la production des vaches. “Ce n’est pas un objectif en soi mais plutôt une conséquence : avec une production moindre, je vais pouvoir pâturer encore plus”. Au début, la production par VL diminuera très peu. Mais viendra un moment, si on poursuit la démarche, où la production sera pénalisée : silo fermé le silo très tôt et rouvert le plus tard possible.
D’abord, il faut disposer de suffisamment de surfaces accessibles aux vaches. “Le minimum, c’est 30 ares par animal, et dans un système avec très peu de maïs, ça peut monter jusqu’à 60 ares”. Ensuite, il faut se fixer des objectifs raisonnables en terme de rendement de prairie. “Entre la Mayenne et le sud de la Loire-Atlantique, les conditions sont différentes. Il faut donc avoir assez de surfaces”. Troisièmement, il ne faut pas surestimer la production des vaches. “Plus je vais pousser la démarche, plus la diminution sera importante”.
“En diminuant ses charges (semences, engrais, phytos et concentrés), l’éleveur va se retrouver seul. Et sera en porte-à-faux par rapport au technico-commercial venu lui vendre des produits. D’où l’importance de participer à des groupes de réflexion, de réfléchir ensemble à ses pratiques et de se former” conclut Eric Favre. |

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Christian Evon |
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07/05/2008 |
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