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De l’herbe et rien que de l’herbe |
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Aline, Bernard et Sébastien Coquelin ont misé sur un système 100 % herbe. La réflexion sur les protéines est au cœur de ce choix. |
Je n’ai jamais tellement aimé labourer”, et cela ne lui manque pas. Ici, le maïs ne pousse plus depuis une trentaine d’années. Installé en 1977, Bernard Coquelin a directement pris l’option du tout herbe. “Un hectare de maïs produit 600 kg de protéines brutes. Un hectare d’herbe 800 kg”, ou plus, selon les variétés. Il a donc suivi ce qui paraissait le plus logique. Un enseignement lui a servi de maxime : “Les vaches ont besoin de protéines pour produire du lait. Les protéines contiennent de l’azote. L’alimentation est équilibrée avec de l’herbe. Apportée de l’énergie ne sert à rien au final, sinon à augmenter les coûts puisqu’il faut ramener de la matière azotée”.
Les 70 hectares de l’exploitation de Saint-Christophe-des-Bois sont aujourd’hui recouverts de prairies. De l’herbe à 100 % pour les 75 laitières (3800 kg de moyenne) ; même les quelques hectares d’avoine, semés pour proposer un complément, ont cédé la place. Le pâturage tournant s’étale sur neuf à dix mois de l’année (la moitié de l’année en stabulation, de nuit). Pour l’auge, “l’herbe est séchée et on réalise un ensilage d’herbe de qualité enrubannage”, indique Sébastien, qui a rejoint ses parents en 2006.
Les choses auraient d’ailleurs pu évoluer à son installation. Sébastien décide d’apporter quelques changements. Des céréales et des bouchons, pour compléter la ration. “C’était pour augmenter la production. Mais cela nécessitait plus de coûts en alimentation, et nous n’étions pas équipés pour la distribution. Nous sommes donc revenus sur l’herbe, uniquement”. Les aliments complémentaires sont définitivement proscrits. Enfin peut-être.
Cette année, du fait du manque d’eau, des adaptations pourraient être apportées. “Selon les stocks, on va peut-être devoir acheter de l’aliment”, indique Sébastien. “Pas forcément”, tempère aussitôt son père. “Les anciens disaient que l’herbe pousse au moins une fois dans l’année”. Il préférerait donc attendre la pousse d’automne et entamer les stocks d’hiver, si besoin.
Ces éleveurs sont spécialisés en lait mais préfèrent s’appuyer sur ce dont ils disposent, l’herbe, que de dépendre d’un système productif mais dépensier. “Le lait hors-sol ne rapporte rien. Il faut investir pour produire. Les gens achètent leur lait avant de le vendre”. |

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Frédéric Gérard |
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07/05/2008 |
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