• Suivez-nous :

accueil
Mayenne > Voyage au royaume des pigeons de beauté [Diaporama]
Mon panier :
0 article(s)

50 n° par an

METEO

Pub Rectangulaire défaut
A+
A-

Mayenne - 25-10-2013 - Frédéric Gérard

Voyage au royaume des pigeons de beauté [Diaporama]

Hors champ / Ornithologie

A Laval, comme chaque année, se tenait une exposition nationale avicole, du 18 au 20 octobre. La dernière au Parc-expo, vendu, avant les prochaines éditions à Ernée. La rencontre de ces passionnés a permis de vérifier si le ramage se rapporte au plumage.

Les juges du concours organisé à Laval par la Société des aviculteurs de la Mayenne (de gauche à droite): Alain Legaré, Alain Richard, René Pilorge, André Le Guern, Pierre Lemaitre (et caché sur la photo, René Villain).

Les juges du concours organisé à Laval par la Société des aviculteurs de la Mayenne (de gauche à droite): Alain Legaré, Alain Richard, René Pilorge, André Le Guern, Pierre Lemaitre (et caché sur la photo, René Villain).


Parc des expositions, hall B2, un millier d’animaux. Des volailles, des lapins, des oiseaux. Dans ce concours-là, les animaux ne sont pas exposés pour leur productivité ou leur rendement au kilo : dans les cages, c’est le royaume de l’apparat, et tant pis pour le reste. Entre les coqs et les tourterelles, les pigeons se font très discrets, sans un bruit. Chacun a sa cage, et il y en a des centaines. Dans les allées, on assiste à une curieuse parade d’hommes et de femmes en blouses blanches, le code vestimentaire du juge d’animaux de beauté — chacun a sa spécialité : lapins, volailles ou oiseaux. Un groupe d’individus s’agite plus que les autres. En s’approchant, on découvre un écusson “juge officiel”, délivré par l’Association nationale des juges pigeons.


Noms d’oiseaux


En fin d’après-midi, c’est l’attribution de prix. Six spécialistes échangent et argumentent. Ils font de grands gestes, haussent la voix, sortent leur science, etc. Ils en connaissent un rayon. “C’est un ensemble : il n’a pas de jolies barrettes…”“Bah ! T’as vu à quel mois on est ?” Au royaume du pigeon, le novice ne pige rien.

Pour certaines espèces, la période est encore au renouveau. Pour apprécier les plumages, le mieux, c’est autour de la Toussaint. C’est aussi pour cela que les concours se déroulent d’octobre à février-mars.


On survole des cages aux spécimens plus ou moins exotiques. Boulant rouge de Norwich, Boulant de Poméranie, Calotte blanche d’Allemagne du sud (noire), Lahore noir ou jaune (originaire de l’Inde), Tambour de Bernbourg, Lynx bleu de Pologne (race allemande), etc. On essaie de se raccrocher à des branches plus familières, même si, avoue un expert, “les races françaises n’ont rien de particulier” (en terme de couleurs, formes, etc.). Tant pis ! On se plante devant les Cauchois, une race bien normande. Mais on est tout aussi perdu : on en compte 142, ce week-end-là à Laval, et une dizaine de variétés. Des rouges, des noirs, des bleus, des rosés, des barrés ou des maillés, etc. Les juges plongent déjà sur une autre cage, et se volent gentiment dans les plumes. “Chez les maillés, t’as toujours la couleur. Chez les barrés, tu prends moins en compte la couleur.” Y a de quoi se marrer.


Un Hongrois sacré


Les regards sont acérés : le grand prix est en train de se jouer. D’abord, entre un Cauchois et un Carneau. Celui-ci n’est pas retenu pour avoir “les pattes trop écartées”; un nouveau critère européen. Chez les animaux étrangers, le Strasser et le Poule maltais (c’est un mâle) sont dos à dos. Le pigeon originaire de Moravie n’a pas assez de plumes sous la collerette, le Maltais manque de superbe. Les yeux se tournent alors vers un Fantail écalé, dont on se demande s’il se prend pour une danseuse de Flamenco ou un paon. La réponse tombe à pic : “Sa longue queue s’appelle une queue de paon.” Conclusion, c’est un bellâtre hongrois qui l’emporte, un Frisé blanc. On se dit que les plumes ourlées de l’immaculé volatile sont forcément plus flatteuses que celles d’un quelconque pigeon Biset — ces pigeons des roches qui ont envahi les villes. “Mais pour élever un Frisé blanc comme ça, c’est du travail !” répond un juge. Ce spécimen présente des atouts assez exceptionnels pour son espèce. “Les frisés rouges ou gris (grisons) sont plus gros, et leurs frises plus volumineuses. Pour un blanc, il a un beau gabarit, et de grandes frises.” L’éleveur pourra se friser les moustaches : il obtient la note maximale de 97.


Un survol historique


Le pigeon fait voyager. A Laval, la Bretagne, les Pays-de-la-Loire, la Manche, le Calvados et la Seine-Maritime étaient représentés par 102 exposants. Les juges venaient aussi d’un peu partout. Alain Legaré de Parigné-Levêque­, près du Mans, René Pilorge de Quelaines­, Pierre Lemaitre du Calvados, Alain Richard et André Le Guern des Côtes-d’Armor­, René Villain du Loir-et-Cher. Ce dernier se rendra au Danemark, les 4 et 5 novembre, pour un concours de Lynx de Pologne. Ce week-end, le Mayennais René Pilorge ira à Grasse, en Provence. Alain Richard a, lui, participé à un livre sur l’Egypte — “Des pigeonniers y sont classés au Patrimoine de l’Unesco” (Thermopyles). C’est dire si ça vole haut.


Les six juges se croisent presque toutes les semaines, en concours. Hormis leur passion, les trois quarts ont en commun d’avoir eu des parents agriculteurs. “Aujourd’hui, on arrive plus à faire venir les jeunes.” Une jeune fille (20 ans ?) s’affaire du côté des volailles. Un ange passe... “C’est une exception.”


Chacun a son histoire. “A une époque, j’avais 300 pigeons à La Défense”, raconte René Villain. “On m’en a offert un à 17 ans, en fin d’apprentissage, poursuit Pierre Lemaitre. Donc, j’ai des pigeons depuis 1949.” Autant dire des piges.


Frédéric Gérard




Quelques repères

Pour élaborer leur classement, les juges d’oiseaux se réfèrent au recueil des standards, “la bible”. Les pigeons y sont classés en 11 catégories :


- les formes, français (respect des profils et spécificités de race et d’espèces)
- les formes, étrangers (idem)


- les structures (plumes)


- les boulants (qui avec le jabot en forme de boule)


- les couleurs (pour les espèces au plumage remarquable)


- les tambours (qui roucoulent avec un petit son de roulement de tambour )


- les cravatés (des lignes bien dessinées sur le torse)


- les pigeons de vol


- les hirondelles, les calottes 


- les petites poules
- les caroncules (espèces avec une excroissance sur le bec).

Un individu ne concourt que dans une seule catégorie.

Les pigeons sont notés sur une échelle de valeur de 90 à 97... Difficile de s’y retrouver et de comprendre. Mais c’est la norme européenne, et comme ce sont les Allemands qui décident en la matière... Avec les Danois et les Français, ils constituent la locomotive de la sélection en pigeon de beauté.




Signaler un abus

Catégories : Mayenne

Partaher par mail

Les photos

RÉAGISSEZ

Vous devez etre identifié pour réagir à cette élément.

Si vous n'avez pas de compte vous pouvez vous inscrire ici

Adresse mail :
Mot de passe :
VALIDER
Pub Carré défaut
Innovations Performances Services