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Mayenne - 18-10-2013 - Rémi Hagel

La réunion d'Oudon biogaz apporte 
de premières réponses partielles

METHANISATION

A Craon, les agriculteurs d'Oudon biogaz ont présenté leur projet lors d'une première réunion publique, très suivie. Les futurs riverains ont exprimé leurs inquiétudes. A défaut d'avoir toutes les réponses techniques, les intervenants ont pu déminer certaines craintes.

Environ 250 personnes se sont déplacées salle du Mûrier à Craon. Possibles futurs riverains et opposants ont posé beaucoup de questions aux experts. Plusieurs agriculteurs d'Oudon Biogaz ont expliqué pourquoi ils s'engageaient.

Environ 250 personnes se sont déplacées salle du Mûrier à Craon. Possibles futurs riverains et opposants ont posé beaucoup de questions aux experts. Plusieurs agriculteurs d'Oudon Biogaz ont expliqué pourquoi ils s'engageaient.


"Vous vous êtes beaucoup investis dans le projet. Maintenant, il faut qu'il suscite l'intérêt de tous.” C'est le message de la conseillère générale Elisabeth Doineau, aux 85 agriculteurs actionnaires d'Oudon biogaz, à l'issue de la réunion d'information du jeudi 10 octobre. “Susciter l'intérêt” est l'enjeu à relever, d'autant plus difficile que le projet n'en est qu'à ses débuts. “Oui, il y a des questions sans réponses” admet le directeur général Olivier Belseur. La parcelle n'est pas achetée, le constructeur pas encore choisi, etc. Mais si le projet avait été présenté déjà ficelé, il aurait sans doute été encore plus mal accueilli.


Confiner les sources d'odeurs


Ce jeudi, les actionnaires ont entendu un feu de questions inquiètes des riverains, auxquelles ont tenté de répondre les partenaires du projet : Elen Devauchelle (Solagro), Philippe Douillard (bureau d'études Impact et Environnement) et Sylvie Lechat (CER France). Cette unité, qui serait l'une des plus grosses de France, suscite des interrogations, voire des craintes : sur les odeurs, les risques industriels et la santé. Philippe Douillard assure que la procédure d'autorisation rigoureuse abordera chaque point dans le détail, que le projet sera soumis à enquête publique, etc. Mais certains riverains, en particulier les opposants de l'association Adtec, mettent en doute la rigueur de l'administration, échaudés par le dossier d'Aprochim. Pour la santé, le protocole prévoit une série de mesures, comme la pasteurisation avant méthanisation. Sur les odeurs, la taille de l'unité de méthanisation va permettre d'investir dans la meilleure technologie de filtres. Les sources d'odeur seront confinées. “Il est possible qu'il y ait des ajustements nécessaires au démarrage, mais le but est qu'il n'y ait pas d'odeurs” commente Elen Devauchelle.


“Comment allez-vous surveiller la production avec seulement quatre emplois ?” “Les sites sont très automatisés avec un système d'alarmes, des astreintes. Il y a deux grosses unités en France, elles sont plus sécurisées qu'une installation à la ferme où l'agriculteur doit tout gérer seul” argumente la chargée de mission de Solagro.


Une unité à l'Inra


Face à l'inconnu, les meilleurs arguments restent les exemples. “En Allemagne, on trouve des unités dans n'importe quel village, souvent près du bourg pour que la chaleur soit utilisée, par exemple par une maison de retraite” avance l'expert d'Impact et Environnement. “Nous avons visité des installations en Hollande, en Belgique, au Danemark, en Allemagne. Certaines ont trente ans. Personne ne veut faire machine arrière. Et il n'y avait aucune odeur” affirme Olivier Belseur. Un participant évoque l'unité de méthanisation du centre de recherche de l'Inra de Tours-Nouzilly. “S'il y avait eu le moindre risque, ils ne l'auraient pas montée.”


On ne trouve pas de réponse à cette dame dont l'acheteur potentiel de sa maison s'est désisté en apprenant l'existence du projet. A l'avenir, tout dépend si celui-ci insuffle une dynamique et de l'attractivité sur le territoire : l'immobilier peut reprendre de la valeur, se risque Philippe Douillard, sans vraiment convaincre.

Oudon Biogaz va créer une activité là où il n'y avait rien. Cela entraînera une modification de l'environnement. Oudon biogaz apportera-t-il un intérêt collectif aux actionnaires ? aux riverains ? aux autres habitants ? au territoire ? à la planète ? La suite du projet dépendra d'où se placent les curseurs.

De nouvelles réunions publiques seront organisées au fur et à mesure de l'avancement du projet.


Rémi Hagel


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Un difficile choix de société
Au-delà des riverains concernés, on assiste à un débat de société sur ce qu'est le développement durable. Avec la méthanisation, les agriculteurs d'Oudon biogaz s'inscrivent dans une démarche environnementale, mais en créant une activité industrielle. Tout en soutenant la méthanisation en général, la Fédération de l'environnement 53 annonce qu'elle ne soutiendra pas Oudon Biogaz parce que le projet "est sur-dimensionné". Illustration de ce choix difficile, deux piliers de la Confédération paysanne s'opposent. L'ancien porte-parole Vincent Guillet (Craon) s'emporte : "Beaucoup des exploitants du projet sont dans des systèmes intensifs, avec maïs et soja importé. Quel est leur bilan carbone ? Pour faire des économies d'énergie, plantez des prairies et des haies." En face, Pierre-Yves Brillant (responsable Porc du même syndicat, La Selle-Craonnaise) sera apporteur du méthaniseur : "Il faut compter les économies d'énergie. Dix tonne de fumier, c'est 400 litres de fuel. Si on le laisse au champ, c'est 400 litres de perdus."



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