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Monde - 11-10-2013

Les paysans Colombiens font grève

Amérique du Sud

Dans un pays miné par la pauvreté et la corruption, la grève des paysans qui s'est déclenchée à la mi-août a cristallisé de nombreuses tensions sociales, montrant l'incapacité du président Santos et gouvernement colombien à enrayer la crise.

"La grève nationale agraire et populaire en Colombie a commencé le 19 août. Ce grand mouvement social, jamais vu depuis les grèves de 1977, s’est étendu à tous les secteurs de la société colombienne sur l’ensemble du vaste territoire national" explique Victoria Bazurto, Colombienne installée à Nantes et qui suit de près l'actualité de son pays (1). Les revendications commencèrent avec les manifestations des producteurs de café, suivis par ceux de pommes de terre, de lait, de cacao et d’oignon. Dix jours après le début du conflit, les rues de Bogota, la capitale colombienne, et Medellin, la 2ème ville la plus peuplée du pays, étaient le théâtre d'affrontements violents entre manifestants et forces de l'ordre.


A cette manifestation s’ajoutèrent les chauffeurs routiers qui exigeaient l’intervention de l’Etat pour réguler le prix de l’essence, les enseignants, les étudiants et beaucoup de Colombiens qui s'étaient solidarisés avec le mouvement et manifestaient leur mécontentement. Début septembre, l'ampleur du mouvement était telle que des millions de personnes - paysans et paysannes, transporteurs et mineurs - étaient descendues dans les rues des principales villes de la Colombie.


Malgré cette grande mobilisation, le président Santos affirmait début septembre que "la grève n'existe pas" avant de déployer l'armée. Depuis le début du mouvement, les heurts entre les paysans, la police, les escadrons mobiles antiémeute et l’armée colombienne ont fait 9 morts, plus de 800 blessées, et 512 personnes ont été traduites en justice.


"Les grévistes dénonçaient l'application des traités de libre-échange qui favorisent le haut niveau de concentration des terres et la dépossession des paysans de leurs terres", poursuit Victoria Bazurto. A eux seuls, les Etats-Unis absorbent le tiers des exportations colombiennes. "Les traités de libre-échange signés en mai 2012 avec l'UE et les Etats-Unis ont saigné à blanc les campagnes colombiennes" ne craint pas d'affirmer Virginie Vertigo, qui tient un blog sur Mediapart. D'autre part, le renforcement du modèle d'exploitation minière favorise les grandes multinationales et appauvrit encore plus la paysannerie.


Les ONG ont demandé de geler l'application de la loi 90.7 de contrôle technique de la production et de la commercialisation des semences, qui "favorise les multinationales et empêche les paysans d’utiliser leurs propres semences propres qu’ils gardaient traditionnellement". De part et d'autre, manifestants d'un côté et gouvernement colombien de l'autre, des engagements ont été pris pour sortir de la grave crise qui paralysait le pays il y a peu encore. Mais sur le fond, rien n'est réglé.


L'Etat s'est engagé à compenser par un soutien financier aux producteurs de pommes de terre et du lait, les pertes occasionnées par les importations de ces produits en Colombie pendant deux ans. Le 3 septembre, le gouvernement colombien a proposé un pacte agraire dont l’objectif était de réunir autour de la table tous les acteurs sociaux, économiques et gouvernementaux pour discuter d’une possible restructuration du secteur agricole national. Mais le jour venu, tout le monde était présent… sauf les paysans en grève depuis le 19 août.

"Cette grève est née dans un contexte où les agriculteurs représentent un quart de la population du pays mais sont aussi les plus pauvres du pays" rappelle Virginie Vertigo. "Les inégalités n'ont cessé de se creuser avec les habitants des grandes villes".


"La détérioration des conditions de vie des Colombiens, l’augmentation de plus en plus importante des inégalités sociales et économiques, et l’atteinte à l’environnement et à la sécurité alimentaire du pays sont la partie visible d’un iceberg qui cache une réalité beaucoup plus complexe dans laquelle corruption politique et

impunité judiciaire se mêlent" conclut Victoria Bazurto.


La Colombie en chiffres


Superficie : 1 139 000 km2. Population : 47,6 millions d'habitants. Chef de l'Etat : Juan Manuel Santos. 

Le pays s'est hissé au rang de troisième économie du continent sud-américain. Le secteur minier et le pétrole, la construction et la consommation soutiennent le dynamisme de l'économie, qui enregistre toutefois un léger ralentissement de sa croissance : 4,3%, contre 5,6% en 2011. La dette externe représente 21% du PIB. La balance commerciale est repassée au vert, avec un excédent de 3,2 milliards d'euros, malgré la vigueur eds importations. Enfin la pauvreté continue de toucher 45% de la population. (Source : L'état du monde 2013).

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