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Mayenne - 11-10-2013

En 35 ans, “la Mayenne a fait un bond énorme”

Conseiller puis directeur de la fédération départementale des Cuma depuis 1976, Jean-Pierre Couvreur a pris officiellement sa retraite le 1er octobre, remplacé par Benoît Bruchet. Sa carrière s'est articulée sur les évolutions de l'agriculture mayennaise, lors de ces décennies. Avec l’appui certain de Daniel Foucher, l'un des présidents du réseau.

L'homme est intarissable sur “la grande aventure humaine” que sont les Cuma. Qu'il quitte sur les talons. A la fédération départementale pendant trois décennies, Jean-Pierre Couvreur a vu se succéder les présidents, les administrateurs, les cumistes locaux — “J'ai travaillé avec au moins un millier de personnes, je crois”. Avec certains administrateurs, l'aventure a pris de la vitesse. Comme avec Daniel Foucher, président de la FDCuma de 1995 à 2010, et son "bras droit" Roland Turpin, avec qui ils mirent en place la Cuma de Cepvil. Ou encore Joël Gernot, l'un des grands artisans du Safir, en 1997. A Saint-Loup-du-Gast, le Salon des fourrages et des initiatives rurales a tenté de mêler les métiers de l’agriculture au dynamisme de la vie locale. “Le poids de cette manifestation a joué un grand rôle dans la cohésion du réseau et la recherche d’innovations.”


De l'attentisme à l'ébullition

Quand Jean-Pierre Couvreur débarque en 1976, il n'existe qu'une cinquantaine de Cuma en Mayenne, contre 200 aujourd'hui. “A l'époque, il y avait des décalages énormes entre régions, parce qu'il y avait encore de vraies frontières, et pas les moyens de communication de maintenant. "La révolution des fourrages" est arrivée surtout dans les années 80, avec une décennie de retard par rapport à des départements limitrophes. Le rôle des Cuma a été extraordinaire dans toutes ces grandes évolutions.” Les innovations porteront ensuite sur les semis, les pneumatiques, l'environnement... “La Mayenne a fait des bons énormes”.


En 1979, le jeune Daniel Foucher intègre les Cuma de l’Oudon et de Denazé. Quatre ans plus tôt, à 22 ans, il a été contraint de renoncer à devenir enseignant pour “précipiter” son installation, à Saint-Poix. Les Cuma sont alors en pleine éclosion, pas toujours vraiment au motif de la rentabilité. “Dans les années 80, il pouvait se créer une vingtaine de Cuma par an. Il pouvait s’en créer dans une commune parce qu’il n’y en avait pas, alors que dans les communes autour, oui.”


Les premières grandes contraintes

Dans les années 90, les enjeux changent, les problématiques se multiplient. “L'apparition des quotas laitiers a été la vraie première grande peur, se souvient Daniel Foucher. C'était une limitation et un droit de regard sur la production! Les quotas ont aussi été mis en place à une époque où les politiques européennes n'étaient pas comprises par tous.” Puis, le monde agricole découvre les questions environnementales. “On l'a tous très mal vécu. Ces demandes ne correspondaient pas du tout à ce faisaient les agriculteurs. Ils ne comprenaient pas pourquoi ils faisaient mal puisqu'avant, on leur disait de mettre de l'azote sur l'herbe.” Daniel Foucher estime d'ailleurs qu'il n'y a "pas à rougir" de ce qui a été fait: “C'est sans doute aussi ça qui a permis de maintenir l'élevage quand ont été fixés les quotas”.


“Un creuset d'innovations”

Ces mesures ont entraîné l'apparition de nouveaux matériels: les tonnes à lisier avec rampe ou encore l'outil Quantofix, “avec les premières analyses jugées fiables des valeurs d'azote dans le lisier”. “Cela a surtout été un très bon outil pédagogique”, se rappelle Jean-Pierre Couvreur. Un technicien de la Chambre travaillera avec la FDCuma sur la précision des rampes d'épandage de phytos. “Le grand changement, c'est qu'on a essayé de transformer ces contraintes en atouts”, poursuit Daniel Foucher. “Dans les Cuma, on a toujours su faire la différenciation entre les contraintes utiles et celles qui ne le sont pas.” Ce qui implique une certaine persévérance. “Cela semble évident à l'heure actuelle, où l'on parle de la biodiversité, mais on a parfois du se battre contre vents marées pour mettre en place des formations sur le binage!”

“Les Cuma sont un creuset d'innovation”, clame Jean-Pierre Couvreur, grand défenseur du travail en groupe. Mais avec le temps, les choses deviennent plus complexes. “Parce qu'on n'a pas de programmes tout fait (maïs/herbe etc.) comme avant”, explique Daniel Foucher. Avec la diversification des pratiques, “c'est plus difficile de se positionner par rapport aux autres, mais aussi de se lancer dans l'expérimentation, sur son exploitation”. Or, “les Cuma ne sont pas faites pour prôner un système intensif ou bio. Il faut s'en servir pour apprendre les uns des autres.” Message adressé en particulier aux jeunes (agriculteurs) qui "ne sont pas élevés pour partager”.

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Catégories : Cuma culture

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