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Pays de la Loire - 20-06-2002

'les paysans ne peuvent se défendre seuls'

Comment est né le pluralisme, rupture de ‘l’unité paysanne’ dans les années 70 ?
Médard Lebot. «Le pluralisme s’appuie sur deux fondements : l’économique, avec l’opposition entre gros et petits, agriculteurs de la plaine contre ceux du bocage ; et l’idéologique, libéraux contre planificateurs, progressistes contre conservateurs... Le poids de l’idéologique s’est accru après 1968 et après 1981. Dans les années 60 et 70, la FNSEA, sous l’influence des céréaliers, défend des entreprises et des prix. Elle parle de chefs d’entreprises. D’autres courants veulent défendre les personnes et le revenu par paysan. Emerge aussi l’idée de stopper le corporatisme si on veut arriver à quelque chose. D’où des créations d’alliances avec les ouvriers, les consommateurs.
Le rapport de Bernard Lambert de 1970 sur les aides publiques met le feu aux poudres ?
Petit à petit, le pluralisme se structure, par production et par région, avec notamment la FRSEAO pour l’Ouest. Les années 65 à 73 sont aussi le temps desgrands rassemblements : Redon, Vannes, le Larzac... avec une série de luttes foncières et contre l’intégration. Le contexte est celui de la surproduction, avec un poids croissant de l’agroalimentaire et de la grande distribution, alors qu’on compte une installation pour 3 ou 4 départs. Ce que proposent Lambert et la FRSEAO au congrès de Lyon de 1970 c’est une répartition plus équitable des aides. Les soutiens aux prix incitent à produire plus. Pour Lambert, c’est «accorder une Mercédès à ceux qui en ont déjà une». Les éleveurs de l’Ouest proposent un plafonnement par exploitation, un ciblage vers les fermes les mieux structurées et une répartition par région selon le nombre d’actifs agricoles.
Pourquoi cette proposition est-elle rejetée par la FNSEA ?
Le syndicat voulait regrouper les fédérations départementales et ne pas donner de pouvoir aux régions. Les céréaliers auraient aussi promis à Michel Debatisse son poste de président de la FNSEA. Les minorités sont alors confrontées à un choix : tenter de réformer de l’intérieur, ou partir. Les durs, les Paysans travailleurs, fondent le CNSTP qui, avec la FNSP de 1982 donneront la Confédération paysanne en 1987.
Aujourd’hui, le pluralisme a t’il toujours sa place ?
Je ne conçois pas que des salariés adhèrent au même syndicat que leurs patrons. En agriculture, alors que les décisions se mondialisent, que les écarts se creusent entre riches et pauvres, le combat doit continuer. Je crois à un syndicalisme de personnes plus que d’entreprises, à une défense de ceux qui veulent vivre en tant que travailleurs de la terre. Je crois toujours beaucoup à la démarche collective, avec un mouvement qui, porté par la base, continuera après les leaders. Ce qui manque aujourd’hui, ce sont les projets pour l’agriculture : quelle agriculture veut-on, dans quelle société? Les paysans ne doivent pas se marginaliser mais s‘appuyer sur la société civile. On ne peut se défendre seuls».
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