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France - 09-08-2013

Jean-Michel Lemétayer, une vie entière consacrée à l'agriculture

Les hommages se sont multipliés après la mort brutale de l'ancien leader syndical d'une crise cardiaque, mercredi 31 juillet à l'âge de 62 ans. Jean-Michel Lemétayer aura accompagné les mutations agricoles depuis près de quarante ans. Il laisse l'image d'un entrepreneur combatif.

Mort sur son vélo, et sur ses terres. “Une mort comme il l'aurait souhaitée dans vingt ou trente ans”, commente la vice-présidente de la FNSEA Christiane Lambert. Jean-Michel Lemétayer était un passionné de sport et de vélo en particulier. Il s'était fait des amis dans ce milieu, no­tamment Bernard Hinault, mais aussi des dirigeants de la Société du Tour de France, qu'il avait su convaincre d'organiser un partenariat chaque année avec le monde agricole. Passionné de foot également (il était un fervent supporter du Stade Rennais), l'éleveur laitier de Vignoc (Ille-et-Vilaine) a consacré sa vie entière à défendre l'agriculture et les agriculteurs. Une vie sans doute trop courte, mais qui aura accompagné les importantes mutations qu'a connues l'agriculture.

Dès l'âge de 14 ans, il passe ses étés à tra­vailler à la ferme de ses parents. Après un bac scientifique, il se retrouve dans un cabinet d'assurances, mais se révèle “incapable de rester scotché à un bureau”, racontera-t-il dans un livre-entretien, Confidences d'un leader paysan. “J'aurais pu être banquier mais le syndicalisme m'a rattrapé”, disait-il. Il aurait pu aussi faire de la politique, notamment quand Nicolas Sarkozy, alors président de la République, lui a fait des appels du pied pour qu'il conduise une liste UMP aux élections européennes de 2009.

À l'âge de 26 ans en 1977, il s'installe sur l'exploitation de ses parents, puis se met en Gaec avec sa sœur et son beau-frère. À l'époque, il est déjà membre depuis trois ans du Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA). Il en devient secrétaire général en 1984. Il rallie la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL, branche de la FNSEA), qu'il présidera pendant dix ans, à la suite de Luc Guyau, de 2001 à 2010.


Une vie agricole après la retraite

Depuis, l'agriculteur breton n'avait pas quitté pour autant l'agriculture. “Je ne rendrai jamais les armes, je n'ai pas fini de combattre la distribution”, disait-il à l'époque. Une place confortable lui a été confiée à la tête de la Sopexa­, agence de promotion des entreprises de l'industrie alimentaire. Avant de mourir, il aura eu le temps de boucler deux projets qui lui tenaient à cœur : l'association Solaal qui s'occupe de solidarité agricole et agroalimentaire pour collecter des denrées pour les plus démunis et la création d'un Centre culinaire contemporain, structure dédiée aux innovations dans la cuisine à destination des entreprises et des professionnels de la restauration. Un centre unique en France qui a mobilisé plus de 6 millions d’euros d’investissements, réunis auprès d’entreprises et de collectivités.

Il était aussi resté président du Space, à Rennes. Un salon professionnel international de l'élevage créé en 1987 qui n'a cessé de prendre de l'ampleur depuis.


Des conflits

Pour l'actuel président de la FNSEA Xavier Beulin, “sa grande force a été de faire en sorte que nous soyons reconnus comme des interlocuteurs crédibles”. Il dit avoir beaucoup appris de lui, notamment pendant les âpres négociations européennes à Bruxelles ou commerciales au sein de l’OMC. “On était adversaires mais on s'est retrouvés sur de nombreux points, même si on faisait monter le ton, on a réussi à s'entendre lors de sommets ou à Bruxelles”, se souvient José Bové, député européen et ancien porte-parole de la Confédération paysanne, qui salue “l'homme de terrain, le paysan de base”. Jean-Michel Lemétayer aimait d'ailleurs répéter qu'il continuait à traire ses vaches le week-end, quand il rentrait en Ille-et-Vilaine.

L'un des faits d'armes du syndicaliste est peut-être la sortie d'un conflit très dur en 1997 entre les producteurs laitiers et la grande distribution. C'est à cette époque qu'ont été créés certains indicateurs de marché et de performance. À la tête de la FNSEA, il aura eu à gérer plusieurs crises agricoles, de la vache folle à la gestion de la volatilité des prix agricoles. Il aura aussi mené plusieurs opérations coup-de-poing telles que la “prise de la Bastille” par les tracteurs, où des milliers d'engins agricoles ont circulé en avril 2010 pour interpeller le président Sarkozy sur la baisse des revenus. Il a aussi affronté la vive contestation des céréaliers lors du congrès de Poitiers de la FNSEA en 2009. Et en tant que président du Space, c'est la colère de nombreux éleveurs laitiers fédérés au sein de l'Apli, qu'il a dû essuyer la même année, l'obligeant à s'enfermer quelques heures dans les locaux administratifs du salon.

Nul doute que le ton soit plutôt aux hommages appuyés, dans un mois, au prochain Space.

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