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Maine-et-Loire - 02-08-2013

“Le problème des plantes médicinales, en bio, c'est le désherbage”

Sur les 1200 hectares de plantes à parfum et médicinales que compte le Maine-et-Loire, 175 sont en bio. Pour les quelque 45 agriculteurs qui assurent cette production de niche dans la région, il faut être très pointu techniquement. Problème numéro 1 : la gestion des adventices.

L'an dernier, il avait tel­lement plu sur les parcelles de Denis delaunay, à Chemillé, qu'il ne pouvait pas intervenir pour désherber ses plantes médicinales. L'herbe a alors commencé à se développer, sa culture était fichue. “On peut rater une culture si on n'intervient pas au bon moment, avertit Sébastien Bonduau, responsable des filières végétales à la Cab. Si on a raté les premiers désherbages, les passages suivants ne serviront à rien”. Cette déconvenue n'est arrivée qu'une seule fois à Denis Delaunay en dix-huit ans d'expérience. Mais tout de même, “le bio, c'est compliqué, vraiment! soupire-t-il. Une intervention, ça se gère au jour le jour”.

Bernard Poinel, producteur à Beaupréau et président de la coopérative Anjou plantes estime que “l'ensemble des travaux de désherbage peut engendrer une perte de 10% des plants chaque année. Il faut prévoir des années blanches en terme de réussite des cultures au cours desquelles il n'y aura ni charge ni produit”.


Trèfle, couverts 
et faux-semis

Généralement, la première année d'implantation d'une culture, tout se passe bien, “mais dès la deuxième année que la culture est implantée, les graminées arrivent” constate Denis Delaunay. Rien à voir avec la culture de mélisse en conventionnel de son voisin. Elle est en place depuis dix ans, et il n'a pas une adventice, avec son désherbage chimique. En bio, “le plus simple c'est de refaire la culture tous les quatre ans”, conseille le producteur de Chemillé. Ainsi, la première année de menthe, il ne fait qu'une seule récolte, les deuxième et troisième années, il en fait trois et la quatrième, il la casse, reprélève les plants pour les réimplanter.

Non loin de là, Fabien Delaunay, son neveu, tente de trouver des solutions au cas par cas. Pour la tanaisie, petite fleur jaune à grandes tiges d'un mètre cinquante, c'est le trèfle qui fait le travail : un an après l'implantation de tanaisie, il sème le trèfle qui colonise la parcelle. Pour le gérer, un simple passage de rotofil. Mais cette technique ne vaut que pour la tanaisie.

L'implantation de couverts végétaux est une autre solution, pour certaines cultures comme le radis noir. Les faux-semis se révèlent également assez efficaces : il faut travailler le terrain un mois avant l'implantation pour laisser les adventices pousser et les détruire avant l'implantation de la culture. “Cela peut réduire leur présence jusqu'à 60% si on fait trois passages”, constate le jeune producteur. Mais cela nécessite du temps, et surtout une bonne organisation pour gérer en amont son planning d'implantation.


Du temps et des échanges

Pour bien gérer les adventices, il faut inévitablement y consacrer du temps. A Beaupréau, Bernard Poinel compte “environ deux heures par intervention mécanique” pour le désherbage. En complément de ce travail, le rattrapage manuel “peut représenter de cinquante à soixante heures par hectare”. Au total, le temps de désherbage peut grimper “jusqu'à 180 heures pour certaines cultures”, selon Fabien Delaunay.

La gestion des adventices doit en tout cas s'envisager glo­ba­lement. “Il ne faut pas considérer les PPAM comme une production annexe, juste complémentaire, mais bien les intégrer dans son système”, recommande Sébastien­ Bonduau. Ainsi, il convient d'avoir des rotations longues et cohérentes. “Après une prairie, il y a une pression d'herbe bien moins importante”, constate par exemple Fabien Delaunay.

Tous les techniciens s'accordent pour dire qu'il n'existe pas de solutions clé en main. “Il existe une grande diversité de systèmes, qui est liée à la diversité des plantes”, remarque Fanny Fontaine­, du Comité des plantes à parfum, aromatiques et médicinales. “Il est donc très important de savoir échanger entre producteurs”, préconise Laurent Couston­, technicien bio de l'Institut­ technique des plantes à parfum et médicinales (Iteipmai­). Une recommandation que Denis Delaunay a fait sienne :”Généralement­, avant de désherber, je demande aux copains où ils en sont de la conduite de leur culture”.


www.anjou-plantes.fr

www.cpparm.org

www.iteipmai.fr

cab.filieres@biopaysdelaloire.fr

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