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Mayenne - 02-08-2013

Comment les femmes se sont-elles fait leur place dans l'agriculture

En 50 ans, les femmes sont passées du statut (inexistant) d’aide agricole à celui de chefs d’exploitation. Quatre générations de femmes racontent leurs souvenirs, leurs regrets et de leurs espérances pour un monde agricole plus égalitaire.

"Il fallait être partout.” Aujourd’hui, elles s’affairent avec plaisir pour l’organisation de la fête des moissons à Beaulieu-sur-Oudon, en Mayenne. Mais Adrienne, Yvonne, Marie-Claude et les autres bénévoles du comité sont unanimes: de leur temps, “les femmes avaient des journées doubles”. Les souvenirs affleurent, chacune égrène les menus travaux dictant leurs journées d’autrefois: s’occuper de la maison, faire la cuisine, entretenir la basse-cour, soigner les cochons, sans oublier d’élever les enfants. L’une d’elles résume: ”La vie était plus dure pour les femmes que pour les hommes”.


Plus dure oui, mais peut-être plus empreinte de solidarité, de fêtes, de retrouvailles entre voisins? “Ah non, s’exclame l’une. Pour nous, il n’y avait aucun moment de répit. Bien sûr, il y avait les gerbes, ces fêtes que l’on faisait de ferme en ferme après les moissons. Mais qui préparait les plats et servait à table? C’était encore nous!“

Et pas question de se soustraire à cette vie, les anciens y veillaient­. “On nous disait: “Mais où veux-tu aller?” Si une fille décidait de partir de la ferme, c’était un scandale. Les parents ne comprenaient pas”, raconte l’une. Et sa voisine de résumer: “Nous devions rester dans l’agriculture, nous n’avions pas le choix”. Le poids des traditions et la crainte des aïeux semblent avoir fait leur œuvre.

Les paroles sur leur jeunesse sont teintées de nostalgie. Des mots couverts témoignent aussi des regrets de certaines d’entre elles, qui ne seraient peut-être pas restées sur la ferme familiale si elles étaient nées après les années soixante-dix, “quand les femmes ont enfin eu leur révolution”.


“Il faut aller chercher 
la légitimité”

C’est sans doute parce que Marie-Jeanne­ Coquin, 55 ans, a vu certaines femmes de la génération de sa grand-mère “être traitées comme des bonnes”, qu’elle revendique aujourd’hui sa place dans l’agriculture. “Avant, les femmes étaient soumises, elles faisaient partie des meubles. Cela a un peu changé pendant la génération de ma mère, mais les femmes étaient toujours sous l’emprise de leur mari.” Si, selon elle, les mœurs ont changé, c’est surtout grâce aux études, et à la communication. “Il faut savoir ouvrir sa porte au monde extérieur. J’essaie de transmettre aux générations futures qu’être agricultrice, c’est le plus beau métier.”


Pour Séverine Denancé, 31 ans, “on sort des générations schémas. Auparavant, la femme épousait un homme, et son métier. Maintenant, nous choisissons notre vie. Et nous prenons notre place en fonction de nos envies.” Difficile parfois d’être légitime aux yeux de certains. En premier lieu, des commerciaux qui cherchent à parler au “patron” en arrivant sur l’exploitation. “Certaines personnes pensent qu’être agricultrice, c’est rester à la maison”, déplore l’éleveuse de Brecé.

Rester inactive, c’est surtout ce que ne veut pas faire Camille Leroyer, 21 ans, une “acharnée qui ne laisserait pas sa place”, comme elle aime le rappeler. “En tant que fille, on est toujours observé. Les hommes se demandent quand on fera une faute. Mais ça ne me fait plus rien. Car ce que je fais, peu de monde le ferait.” Et si demain, comme pour elle, transmettre son exploitation de mère en fille devenait banal?

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Catégories : Agriculture femmes

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