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Mayenne - 02-08-2013

Aux hommes les tracteurs, 
aux femmes les machines à laver

Ces cinquante dernières années, de nouvelles machines ont modifié le paysage agricole, aux champs comme à la maison. Mais l’apparition de ces techniques n’a pas été sans conséquences sur les rapports sociaux.

Ce n’est pas rare d’entendre: “Ah, c’était mieux avant, il y a 50 ans”. Henri Lenain, 78 ans, préfère dire que “c’était autre chose”. Spontanément, il évoque le machinisme pour parler de progrès. “Posséder un tracteur, c’était une fierté. Il était bichonné comme une voiture neuve” explique l’ancien agriculteur de Beaulieu-sur-Oudon. Lui, n’a attendu que le milieu des années 1960, pour en acheter un. Soit un bail, après que les prisonniers français de retour d’Allemagne aient impulsé la révolution de la motorisation. Les femmes n’ont pas été oubliées dans cet essor. “Leur révolution, c’était l’utilisation de la machine à laver”. Aux hommes donc les champs, aux femmes le linge.

Après, tout s’est vite enchaîné dans la ferme familiale et dans celles de la région. En 1960, 90% des fermes des Pays-de-la-Loire avaient une activité laitière. Les rendements sont passés de 2 600 litres par vache et par an à 7 100 aujourd’hui. Grâce à la sélection génétique, la première IA a été réalisé dans la région en 1960, et à l’évolution des rations alimentaires. Parallèlement, la traite automatisée est apparue, et a permis de dégager du temps pour les femmes, mais aussi pour les enfants. Pierre, Victor et les autres bénévoles de la fête de la moisson de Beaulieu-sur-Oudon se souviennent qu’”à 8-10 ans, il fallait déjà qu’on aide aux travaux de la ferme... L’école était secondaire. D’ailleurs, certaines personnes étaient illettrées”, note l’un deux. “Et puis vers 14 ans, il fallait faire le travail d’un adulte”, raconte un autre.


Des relations sociales distendues

Pour autant, “les gens avaient du plaisir. Ils prenaient le temps de vivre”. Les rythmes de travail n’étaient pas les mêmes: “Nos vies s’organisaient au jour le jour. On n’était pas à une demi-heure près” se souvient Henri Lenain. D’ailleurs, les anciens reconnaissent que “es gens sont devenus plus individualistes”, à chaque étape de la modernisation. “Avant, avec nos chevaux, nous nous arrêtions en bout de champ pour parler au-dessus de la haie avec le voisin. Qui le fait aujourd’hui du haut de son tracteur?”, note Henri Lenain. Les gens étaient plus solidaires, mais avaient-ils le choix? Les congés maladies n’existaient pas, les retraites non plus...

Dans ce monde où chacun faisait bloc, les hommes reconnaissent que les femmes ont toujours «assuré». “C’est grâce aux investissements que l’influence des femmes a été croissante, souligne Henri Lenain. Elles ont toujours tenu les cordons de la bourse. D’ailleurs, le premier à avoir intégré les femmes dans les décisions, c’est le banquier!”.

La fête de la moisson est la fierté des habitants de Beaulieu. Plus de 200 000 spectateurs ont déjà assisté à ce festival. Pour la 38ème édition qui se déroulera le 4 août, les 300 bénévoles ont prévu différents ateliers: ferrage des chevaux, labourage de la terre, vannerie-cordier, tourneur sur bois et bien d’autres. Ils referont vivre faucheuses et moissonneuses et une dictée à l’école d’autrefois sera même organisée pour les plus studieux.

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Catégories : Agriculture femmes

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