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Foncier - 21-06-2013 - Frédéric Gérard

Bruno Ronssin (FNPPR) : "le modèle économique du fermage est dépassé"

Bruno Ronssin

Bruno Ronssin

Bruno Ronssin est directeur de la fédération nationale de la propriété privée rurale (FNPPR). Il intervenait à l'assemblée générale du syndicat de le propriété privée de la Mayenne, le 14 juin dernier.



Vous réclamez depuis longtemps une réforme du statut du fermage : le projet de Loi d’avenir pour l’agriculture vous donne-t-il des satisfactions?

Il faut saluer le courage du ministre, par rapport à son prédécesseur: il a le mérite d’avoir posé le problème. Dans les premières lignes de son projet de loi, il met en avant qu’il y a un problème avec le système du fermage, un problème de rémunération du foncier, mais aussi d’organisation, des structures, de la Safer, etc. Mais nous ne sommes pas sûrs de saluer le travail final. Le texte se vide rapidement de son contenu. Et dans les fiches de travail proposées ensuite par les services du ministère, on observe un rétro-pédalage.

Quels aspects regrettez-vous le plus ?

Il y a encore trop d’hésitations concernant ce projet de loi pour en parler davantage. Mais on peut dire qu’actuellement, au niveau des barèmes [mode de calcul du fermage], ce qui est présenté serait pire que ce qui existait avant la présidence de Nicolas Sarkozy (qui n’avait déjà pas tenu sa promesse de revaloriser le revenu des propriétaires...). Ce qui me surprend surtout, dans les négociations, c’est l’immobilisme du syndicalisme agricole. Si, alors que le blé est à 200 euros la tonne ou plus, on ne peut pas discuter de la hausse du fermage, là, on a des raisons de s’inquiéter.

Vous êtes en désaccord sur tous les points ?

Les dirigeants de la FNSEA sont d’accord avec nous... en coulisses. Mais dès qu’on accède aux réunions, leurs représentants s’opposent systématiquement. On ne peut rien bouger. La FNSEA concentre les métayers, mais aussi toutes les filières de production, les régions, des propriétaires, etc. Elle doit donc aussi séduire et faire des voix...C’est d’ailleurs amusant de constater que beaucoup d’agriculteurs retraités, lorsqu’ils adhèrent chez nous (à la FNPPR) en tant que “simples” bailleurs, se montrent plus féroces que les propriétaires historiques sur les règles de rémunération du foncier... Peut-être parce qu’ils savent exactement comment ça marche..

Vous craignez une “rupture de partenariat entre propriétaires et agriculteurs”...

La cassure est déjà là, le modèle économique du fermage étant dépassé - le ministre a justement posé la question. Le problème est surtout de savoir ce qu’on veut pour notre agriculture. Le “pas de porte” pour s’installer en Seine-et-Marne,mon département, c’est 22000 euros. Combien de candidats peuvent se présenter, à ce prix ? On met des barrières, avec des limites d’âge pour s’installer, par exemple. Les initiatives sont bloquées: avec les Amap, la Confédération paysanne relance des niches, bravo! Cela offre une bonne vitrine à l’agriculture, avec une diversité des productions, des légumes remis au goût du jour... Mais un peu partout, on leur met des bâtons dans les roues pour trouver du foncier; d’où la création du système de foncière Terre de liens. Trouver des investisseurs extérieurs pour soutenir l’agriculture en achetant et en louant le foncier, c’est une solution. Mais tous ne le font pas par idéologie: si l’agriculture ne permet pas de gagner l’argent, les propriétaires iront investir ailleurs. Ils vont reprendre leurs terres pour les exploiter avec les services d’une entreprise ou les vendre, donc les agriculteurs devront acheter les terres à exploiter. Est-ce qu’on a une agriculture suffisamment riche pour accepter cela?

Récemment, la FNSEA a quand même annoncé un partenariat avec Labeliance Invest pour soutenir l’installation...

Oui, la FNSEA montre à tout le monde son ouverture, avec un fonds d’investissement... Mais c’est uniquement dans le domaine des ovins, une production dont l’avenier est plus que remis en cause. Imaginez, les Australiens font des moutons pour la laine et revendent les animaux à perte. La FNSEA communique donc, mais sans prendre beaucoup de risques...


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Catégories : Foncier

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