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Porc - 13-06-2011 - Rémi Hagel

Le premier racleur de la région en élevage porcin

PORC/Portes ouvertes

Ce vendredi 17 juin 2011, la Cam organise une visite de l'élevage d'Emmanuel Goisbeault au Genest-Saint-Isle (Mayenne). Cet éleveur de porcs a monté un système de séparation de phase, avec des racleurs sous les caillebottis. A la clé : gain technique, économie d'énergie, plan d'épandage optimisé grâce au compost, etc.



Le bâtiment post-sevreur engraisseur flambant neuf surplombe la voie de chemin de fer. Ce n'est pas anodin, c'est de là que tout est parti. Riverain de la ligne TGV, Emmanuel Goisbeault est surtout concerné par la future LGV : "En 2002, je venais de construire un nouveau bâtiment quand j'ai appris que la ligne passerait en plein dessus ! Je n'avais pas le choix, il fallait une délocalisation totale." Ce chamboulement a été l'occasion pour l'éleveur d'une remise en question plus globale.

Naisseur-engraisseur sur paille, il a abandonné le naissage et se lance sur caillebottis. "C'est très technique. Si j'embauchais un salarié, il aurait fallu doubler le nombre de truies. Se posait ensuite la question de l'épandage." Cela a coïncidé avec la création de la maternité collective de la Tremblaie à Parné-sur-Roc, à laquelle il s'est associé.

Pour dégager le même revenu en post-sevreur engraisseur, il a fallu revoir la production à la hausse. Le nouvel élevage sortira 3800 porcs par an contre 2000 avant. L'épandage continuait de poser problème : "Mon plan d'épandage extérieur comprenait des terres précaires, liées à l'aménagement de la LGV. Il me fallait refaire le plan. C'est là que j'ai vu le système de raclage au Space". En séparant les déjections liquides et solides, il réduit de 40% le besoin de surfaces. La station expérimentale de Guernevez (29) produisait des résultats intéressants. Une visite d'élevage a fini de le convaincre.

Moins d'ammoniac

Chaque salle d'engraissement possède 4 racleurs commandés par un moteur (2 racleurs en PS). Ces racleurs de 2,50 m de large conditionnent la dimension des cases et demandent d'avoir des salles longues. Ces racleurs conduisent les déjections solides à un tunnel central où un dernier racleur déblaye vers l'extérieur. Avec de la paille, on obtient du compost. Parallèlement, l'urine s'écoule sous le racleur, au fond de la rigole du V, jusque dans une fosse à lisier. Cette séparation de phase précoce a plusieurs impacts. "En raclant six fois par jour, toutes les quatre heures, on évite la réaction qui crée l'ammoniac" décrit l'éleveur. "On améliore l'ambiance dans le bâtiment."

Finies les toux

L'investissement est énorme, engendrant un surcoût de plus de 100 € la place d'engraissement. Toutefois, l'éleveur allonge la liste des gains escomptés. Les résultats de Guernevez indiquent qu'il n'y a plus de problème de toux. Tout s'enchaîne : "Il y a moins de frais vétérinaires. La croissance et l'indice de consommation s'améliorent. C'est important quand on voit le prix de l'aliment. Avec de meilleures performances, le bâtiment va pouvoir tourner plus vite."
 
Emmanuel Goisbeault mesure aussi l'effet du bâtiment neuf et de son système de ventilation qui maîtrise le débit : "On peut réduire la consommation d'énergie." En faisant le choix du gaz plutôt que l'électricité, il se dit qu'il pourra plus facilement changer pour un chauffage bois ou la méthanisation, si besoin. L'isolation du bâtiment le protège des variations de température. "Avant, avec mon système paille, les porcs avaient tendance à faire du gras en hiver, là ce sera plus facile de maîtriser le TMP."
L'éleveur met aussi le compost dans la balance : 840 m3 seront produits, dont les deux tiers exportés, jusqu'à 20 euros/t. 

Emmanuel Goisbeault a accueilli ses premiers porcelets il y a 5 semaines, et déjà, il constate l'amélioration des performances techniques. Quant aux odeurs extérieures, elles ont totalement disparu : c'est sûrement un argument d'avenir face aux problèmes de cohabitation avec les riverains.
Si les éleveurs sortent la tête hors de la crise et réinvestissent, on peut espérer qu'à terme, ce raclage en V... sera celui de la victoire.

Rémi Hagel

En chiffres
448 places en post-sevrage, 1296 places d'engraissement, fosse à lisier de 1100 m2.
Coût global (déduction faite des subventions de l'agence de l'eau) : 833 950 €, soit PS = 251 € par place ; Engraissement = 457 € par place. Locaux annexes = 63 000 €. Fosse à lisier = 36 640 €. Epandeur-composteur = 30 000 €.

Un couloir pour la trieuse
Emmanuel Goisbeault et ses fournisseurs (Cam, Fournier, Fancom) profitent de ce bâtiment neuf pour tester un prototype : ce couloir permet de conduire chaque cochon à la cage bascule-peseuse-trieuse. Grâce à la télécommande, l'éleveur peut officier seul. "L'intérêt du tri est de gagner en plus-value en visant le cœur de gamme. Ces 2 ct, c'est ce qui fait notre revenu. Un éleveur a installé un système similaire, il trie aujourd'hui une centaine de porcs en une heure !"



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