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Mayenne - 14-06-2013

L'entreprise Serap, fête ses 50 ans

Créée il y a 50 ans à Gorron, l’entreprise mayennaise est devenue le leader des refroidisseurs de lait. Aujourd’hui, elle conquiert de nouveaux marchés : l’Inde, le Brésil… le Champagne. “Avec les quotas, en quinze jours, la totalité de nos commandes étaient annulées.”

"Tout cela paraît un peu irréel...” Fabriquer en Inde, viser le marché brésilien, vinifier le château Margaux... autant de visages de l’activité de Serap que Michel Boittin était loin d’imaginer quand il a pris les rênes de l’entreprise en 1968. Vendredi 7 juin, on avait mis les petits plats dans les grands pour inaugurer le nouvel atelier C2, coïncidant avec le 50e anniversaire de Serap. Cette journée symbolisait un pont entre le passé et l’avenir.


Serap a 50 ans. La Société d’études et de recherches pour l’agriculture (Sera) est créée en 1963 par un visionnaire : Marcel Badiche. Il a fondé dix ans plus tôt, à 28 ans, la coopérative des Trois Provinces à Pontmain. Jusqu’alors, il faut collecter les bidons une à deux fois par jours dans chaque ferme : cela nécessite une armada de camions et de chauffeurs, des kilomètres avalés, une organisation complexe. Marcel Badiche comprend l’intérêt des refroidisseurs de lait qui se développent aux Etats-Unis. Avec les tanks, la collecte peut se faire tous les deux jours. En France, seul Alpha-Laval en propose, mais à un prix élevé : 4 000 FF. Marcel Badiche recrute une équipe pour concevoir un refroidisseur deux fois moins cher, pour sa coopérative... Et y parvient. De 1963 à 1965, 3 900 refroidisseurs sont produits. En 1965, Sera devient Serap : Société d’études et de réalisations agricoles de Pontmain. En 1967, Michel Boittin, Ingénieur frigoriste, intègre l’entreprise qui traverse une mauvaise passe. Responsable technique, puis gérant en 1968, il va redresser la barre, aidé par une conjoncture favorable. “A partir de 1965, le marché a décollé parce que le gouvernement a subventionné les investissements en refroidisseurs” raconte Eric Boittin, fils de Michel Boittin et actuel PDG.


Pour les producteurs, cela n’est pas allé de soi. Michel Boittin se souvient que certains ne lavaient pas leur tank, pensant que la laiterie le faisait, tout comme elle redonnait un bidon propre auparavant. “Un jour, en Haute-Saône, un éleveur m’a fait remarquer un défaut sur l’inox. Je lui ai dit d’aller chercher de l’eau chaude : il s’agissait d’un bourrelet de pierre de lait, accumulé parce qu’il n’avait jamais lavé la cuve !”


Le couperet des quotas

Au cours des années soixante-dix, l’activité prospérait. “On fabriquait à tour de bras. 90 % de la surface de nos ateliers aujourd’hui a été montée en 1972-1974” poursuit Eric Boittin. La mise en place des quotas laitiers en 1984 a tout bouleversé. “L’impact a été brutal. En quinze jours, la totalité de nos commandes était annulée. Notre chiffre d’affaires a été divisé par deux. Sur la vingtaine de concurrents, nous sommes les seuls à n’avoir pas déposé le bilan, mais nous avons dû licencier 45 personnes sur 150.” Il a fallu passer une année pour que le marché se stabilise. “Dans les deux ans, nous avons pu réembaucher la totalité des salariés. Nous avions commencé à diversifier notre activité. C’est ce qui a sauvé Serap”. Et c’est ce qui participe à la prospérité de l’entreprise aujourd’hui, et peut-être plus demain. Car c’est à partir de cette époque qu’elle a commencé à exporter. “Nous avons trouvé un partenaire fournisseur au Japon. Nous travaillons ensemble depuis 29 ans et sommes devenus leader avec 50 % du marché.” Depuis les années 2000, Serap a investi le marché de l’Inde, premier pays producteur du monde. Elle y a même installé une usine, la seconde après Gorron (1) ! “Depuis 2006, le gouvernement subventionne les tanks, donc le marché se développe. Nous savons comment ça va se passer, c’est l’histoire de France depuis 50 ans.” Autre géant en ligne de mire : le Brésil. Une association avec un constructeur brésilien est en projet.


Pour le marché européen, la fin des quotas “ne nous effraie pas. La concentration des exploitations nécessite des cuves plus grandes. De 3 000 l en moyenne en 2000, on est à 6 500 l aujourd’hui. Cela fait notre marché.”


Les grands châteaux pour client

Quant à la diversification dans le vin, son ampleur s’est accélérée. Les cuves de refroidissement du lait font appel à une technologie plus poussée que les cuves de vinification traditionnelles. Le Cos d’Estournel y voit un intérêt. En 2001, il sollicite Serap pour fabriquer des cuves pour un process complexe de “macération pré-fermentaire à froid”. Le résultat fait sensation. Depuis, “on est devenu un acteur majeur des grands châteaux du Bordelais.” Château Margaux, Mouton-Rotschild, mais aussi Vega Sicilia en Espagne. “Désormais, on va faire des cuves pour tout le monde”, notamment pour le Champagne, qui utilise des cuves plus grandes. Elles pourront être fabriquées dans le nouveau bâtiment C2, rehaussé d’une tour de 16 m permettant d’ “enfiler” une cuve sur une autre. Cet atelier a été achevé ce 28 mai, les machines viennent d’arriver. On y trouve un banc de raboutage, “probablement le plus grand de France”. Serap va pouvoir conquérir la planète, et peut-être même la Voie lactée…


En chiffres

Serap Industries emploie 300 personnes en CDI (260 en France, 37 en Inde, deux au Chili et un en Russie).

Le chiffre d’affaires est de 40 M€, dont 25 % à l’export. 74 % en refroidisseurs de lait, 10 % en équipements de vinification, 12 % pour le service après-vente, 3 % pour le process industriel et 1 % pour la surgélation cryogénique.

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