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Mayenne - 07-06-2013 - Frédéric Gérard

Le collectif de surveillance PCB53 interpelle le conseil général

POLLUTIONS AUX PCB

Le collectif formé des deux associations de riverains, Terre et Vie d'Anjou et Entre Taude et Bellebranche, de la fédération pour l'environnement FE53 et du syndicat Confédération paysanne, a adressé un message aux élus du Département, en parallèle de la session du conseil général de la Mayenne du 31  mai : prendre davantage en considération les riverains, et moins se focaliser sur “l'emploi”.

PHOTO : En marge de la session du conseil général du 31 mai, le collectif PCB53 s'est mobilisé pour réclamer “la suspension de l'activité d'Aprochim”. Une réaction à l'avis contraire des élus, au dernier Coderst.



Sur le perron du conseil général de la Mayenne, Eric de Roquefeuil tire un veau : “C'est l'avenir du troupeau. Mais l'avenir est compromis. On espère qu'il pourra grandir dans de bonnes conditions.” Avec l'éleveur, une quarantaine de personnes sont rassemblées, ce 31  mai, pour interpeller les élus sur la pollution aux PCB sur le secteur de Grez-en-Bouère. Ils réclament la suspension de l'activité d’Aprochim : “On ne demande pas la fermeture de l'usine, précise le collectif de surveillance PCB 53. Mais depuis deux ans et demi, la pollution persiste : il est donc de temps de se demander si l'activité de traitement sous vide des transformateurs doit persister.”


“Et bis repetita "

Les manifestants pointent du doigt les conseillers généraux qui ont voté contre la suspension d’activité d’Aprochim, demandée par la préfète, au Coderst du 18  avril. “Un vote politique” qui semble plus privilégier les recettes fiscales que représente l'entreprise que la situation des agriculteurs et habitants de Bouère et de Grez-en-Bouère.


En session, c'est le conseiller général Vert Claude Gourvil (1) qui a lancé le débat, se demandant notamment pourquoi la position du Département n'avait pas été déterminée de façon collégiale. S'adressant plus particulièrement aux représentants du conseil général au Coderst, Gérard Dujarrier et Jean-Pierre Dupuis : “Vous donnez caution à un industriel qui mène tout le monde en bateau depuis des années, met en péril la santé de ses salariés et des riverains, et nuit à l'économie locale.”


Piqués au vif, les élus en question ont vivement réagi, défendant un vote en leur âme et conscience. Gérard Dujarrier reprenant le parallèle de la toxicité présenté par les rapporteurs (experts du Coderst) : “Les gens qui font des barbecues ingurgiteraient beaucoup plus de PCB que par les effets de l’entreprise” de traitement de déchets. “A ceci près, rétorquent des membres du collectif PCB53, que dans la nature, les brûlis émettent des dioxines et des furanes, alors que le PCB est une molécule de synthèse ! Un barbecue ne peut donc pas en produire.”


L'élu local Norbert Bouvet est aussi monté au créneau, contre “la médiatisation du problème” qui “rend la vie impossible sur ces deux communes”. “Si (depuis plus d'un an), vous aviez déployé la même ardeur à faire cesser la pollution et à faire indemniser les victimes, il n'y aurait plus rien à médiatiser”, lui répond Joseph Gaudin, dans une lettre ouverte.

“Et bis repetita”, réagit Eric de Roquefeuil : “Quand on entend les élus, on a l'impression que l'affaire vient juste de commencer”.


L'usine à l'arrêt


Ce 31  mai, la direction d'Aprochim a confirmé “l'arrêt des machines” et ce, “depuis fin avril” et jusqu'à “fin juin”. “Il ne s'agit pas d'une information tenue secrète, l'administration et les élus ayant été informés”, mentionne-t-elle. “Cela nous a été confirmé il y a quelques jours”, a indiqué Norbert Bouvet. L'entreprise explique œuvrer actuellement à “l'amélioration des contrôles continus à réaliser sur le dispositif de traitement des rejets” (travail sur le charbon actif par exemple) ; des travaux destinés à répondre aux exigences accrues de la préfecture relatives au process industriel.


Le président Jean Arthuis a par ailleurs reçu quatre représentants du collectif PCB 53, et leur a assuré que sa priorité allait bien à la protection de la population. II a contacté la direction d'Aprochim au sujet des indemnisations. Un bon point, reconnaît Eric de Roquefeuil, qui s'en méfie toutefois : “Nous voulons que tous les dossiers d'indemnisations avancent au même rythme.” En décembre, la médiation avec les agriculteurs avait été rompue, “faute de moyens” avait expliqué l'entreprise. Sur les 14 exploitations impactées par la pollution aux PCB, huit sont toujours dans l'attente.


Frédéric Gérard


(1) Poursuivi en appel pour diffamation par Aprochim, qui lui réclame 14 000 euros d'intérêts civils, l'élu a vu ce mardi la décision de la Cour d'Appel d'Angers renvoyée au mois de septembre.


(2) Coderst : conseil de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques.



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Catégories : Environnement Mayenne

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