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Mayenne - 31-05-2013

"Le bocage aujourd'hui se travaille collectivement

Le bocage, c’est l’affaire des agriculteurs, 
mais aussi des collectivités

Qu’est-ce qui fait qu’une politique locale en faveur de la préservation du bocage peut fonctionner ? Car, malgré la tendance globale à la régression des haies en Mayenne, des collectivités défendent les intérêts du bocage. Seulement, il faut pouvoir concilier les enjeux environnementaux avec les enjeux économiques, et convaincre les agriculteurs d’entretenir les haies. Le 21 mai, Synergies, le conseil général et la commune de Saint-Hilaire-du-Maine ont réuni des acteurs impliqués, pour croiser les expériences.


Avoir quelqu’un sur le terrain

Pour commencer, “il faut déculpabiliser le monde agricole. Le remembrement n’était pas de son fait” estime Gérard Clouet, le technicien de la chambre d’Agriculture. Si la politique du bocage se vit comme une guerre plutôt que comme une construction collective, elle échouera. C’est bien l’avis des participants. La carotte vaut mieux que le bâton, “si les collectivités provoquent un besoin en bois déchiqueté, on crée une demande” juge Bertrand Jarri, technicien de MNE.

Mais la préservation du bocage peut entrer dans la réglementation, notamment dans le Plan local d’urbanisme. A Montaudin, il faut désormais déposer une déclaration préalable à l’arasement d’un talus, et compenser par ailleurs. Pour parvenir à ces dispositions, “il n’y a pas eu de heurts. On est parti avec des réunions d’information par le biais de la Cuma. Il faut rester au niveau communal, informer, impliquer” explique Bruno Fouqué, conseiller municipal et agriculteur. “On a pris le temps. Mais déjà en faisant bien, cela reste compliqué. Si on fait trop vite, ce n’est même pas la peine… C’est vrai que pour nous, mettre bien les talus, ce n’est pas notre priorité. Il faudra trouver des solutions et des soutiens pour l’entretien des talus.” Quelle implication extérieure imaginer ? Pas évident.

Pour Gérard Clouet, “la source de réussite est d’avoir quelqu’un sur le terrain. La réglementation, c’est une chose, mais l’aspect participatif est plus important”. Par exemple, le pays du Bocage mayennais, ou le pays de Loiron, ont embauché pour cela. Dans leur médiation, ces personnes pourront expliquer qu’on peut déplacer des haies, pour créer de grandes parcelles, que grâce aux haies et aux auxiliaires, on peut utiliser moins de phytosanitaires, etc. Mais pour que l’initiative prenne corps, “le bocage aujourd’hui, se travaille collectivement”.

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