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Loire-Atlantique - 31-05-2013

Jussie : ce fléau qui menace la Brière

Sur le marais, la jussie colonise à vitesse grand V les canaux et les prairies humides, nécessaires aux éleveurs pour le pâturage et la fauche. Plus de 450 ha sont déjà envahis. La Chambre d'agriculture exige un plan d'action.

"Si on ne fait rien, on va être confrontés à une perte de SAU", explique Jean-Paul Juin, le premier à avoir tiré la sonnette d'alarme sur l'envahissement du marais par la jussie.

"A la perte de fourrages pour nourrir nos animaux pourrait succéder la perte des DPU et des MAE. La contamination vient par les grands canaux, passe dans les douves et les coulées pour atteindre les parcelles" s'alarme l'agriculteur de Montoir-de-Bretagne. "Quand il y a des boutures partout, c'est fini".


Colonisation multipliée par 3 en 3 ans

Lundi matin, dans le cadre d'un bureau décentralisé de la Chambre d'agriculture, une cinquantaine de responsables (agriculteurs, administration, élus, responsables du Parc de Brière, etc) se sont retrouvés à Trignac, au lieu-dit la Mare aux Plies, pour constater les dégâts causés par cette plante invasive. "Même si on ne la voit pas, il y a des petits fragments sous nos pieds" explique Jean-Patrice Damien, chargé de mission au Parc naturel régional de Brière. "La zone potentiellement colonisable n'est pas encore recouverte de jussie, mais risque de l'être très vite si on ne fait rien".

Sur l'ensemble du marais, 466 ha sont déjà colonisés et 170 ha sont envahis, sur 8 000 ha exploités par l'agriculture. "La jussie est une plante très largement dominante. Son système racinaire est fait de tiges immergées qui survivent très bien, d'où une progression très rapide. Un tiers des surfaces en eau sont colonisés en herbiers denses" poursuit le chargé de mission. Se forme alors un tapis vert compact qui interdit le pâturage par les bovins et les ovins.


Pas de recette miracle

Le syndicat du bassin versant du Brivet lutte depuis dix ans contre la jussie, mais l'arrachage manuel apparaît bien dérisoire face à l'ampleur des dégâts. Et à raison de 1h par m2, c'est très gourmand en main-d'oeuvre, malgré l'aide du Conseil général. "On a mis en place une zone-test qui couvre 1 800 ha sur quatre communes" précise Delphine Astier, salariée du syndicat de bassin. "52 agriculteurs et 13 associations d'usagers du marais sont concernés". En curatif, l'envoi d'eau saumâtre (1) dans les douves va être testée, la lutte contre les ragondins va s'amplifier et les agriculteurs vont être formés à reconnaître la jussie. Quant aux essais chimiques réclamés par certains, ils ne sont plus autorisés depuis 2008.

Jacques Lemaitre a demandé qu'un comité de pilotage co-animé par la Chambre d'agriculture et les services de l'Etat soit constitué, afin de mettre en place un plan de lutte très rapidement. Mais faut-il un arsenal de mesures au niveau départemental ou bien gérer le problème marais par marais ? Les nombreux témoignages n 'ont pas permis de trancher. "Il va falloir qu'on repense la gestion hydraulique des niveaux d'eau au printemps" reprend Jean-Paul Juin. "Je crains que vouloir conserver le territoire exactement comme il est actuellement aboutisse à ce que la situation nous échappe" a répondu Pierre Papadopoulos (DDTM). Les hectares colonisés par la jussie sont-ils définitivement perdus pour l'agriculture ?

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