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Bovins lait - 31-05-2013

Attention aux “mauvais réflexes” en élevage bovin

gestion sanitaire //// 

Les grands enjeux de la lutte contre l’antibiorésistance... Et le rôle des éleveurs dans cette bataille...

"Le but, avec les antibiotiques, c’est de les utiliser le moins possible.” Arnaud Bolon est responsable ruminants chez Mérial. L’intérêt d’un laboratoire pourrait être de vendre le plus d’antibiotiques possible. Mais le problème est plus complexe que cela.


Résistance et exposition


S’ils permettent de soigner de nombreuses maladies, chacune de leur utilisation favorise l’apparition d’une résistance. Ces molécules ont pour fonction de détruire les bactéries responsables d’une maladie. En fait, elles agissent sur l’ensemble des bactéries présentes dans l’organisme. Notamment sur les plus fragiles, celles de la flore intestinale. Comme la nature a horreur du vide, les plus résistantes prennent la place des bactéries détruites. Le problème, c’est qu’elles peuvent également muter, voire transmettre leur mutation (et donc leur résistance à une molécule) à d’autres germes, de façon très rapide.


Le phénomène ne se limite pas à l’individu lui-même, ni même à son espèce animale : toutes les bactéries ainsi sélectionnées sont éliminées par déjection. L’éleveur est donc directement exposé, mais une population plus large aussi, via l’épandage ou les cuirs souillés, à l’abattoir. Les éleveurs ne savent d’ailleurs pas qu’ils sont plus exposés que le reste de la population à des résistances bactériennes qui, dans certains cas, peuvent rendre difficiles leur propre guérison [lire Repères ci-contre]. Porteurs de germes qui se sont adaptés à certains antibiotiques, ces personnes peuvent se révéler très difficiles à guérir, car plus aucun traitement n’est suffisamment actif contre leur pathologie.


La problématique ne se résume pas qu’aux productions hors-sol et confinées. En élevage bovin, les antibiotiques sont surtout employés pour traiter les diarrhées des veaux, les mammites, les problèmes respiratoires ou les boiteries. Or, certains vétérinaires observent une utilisation de plus en plus systématique de ces substances. “C’est une sécurité”, disent des éleveurs qui ne rencontrent plus de problèmes de diarrhées ou de mammites. Mais les vétérinaires regrettent ces “mauvais réflexes” : injecter un antibiotique aux veaux dès la naissance, c’est ne pas se poser la question de l’origine des diarrhées.


Certains libéraux tentent de sensibiliser leurs clientèles. Dans l’ensemble, le message est d’ailleurs plutôt bien compris des éleveurs... Jusqu’à ce qu’une de leur vache tombe malade. Dès lors, sans aucun diagnostic, beaucoup “piquent” à l’aveugle.


“Des résultats en 24 heures”


“Les éleveurs voudraient qu’un animal (malade) aille tout de suite mieux, rapporte un vétérinaire. Ils cherchent donc aussitôt, dans leur pharmacie, un traitement qui a déjà fonctionné dans d’autres cas, sans savoir ce qu’a vraiment leur vache. Et c’est seulement quand ils voient que cela ne marche pas, et qu’ils ne savent plus quoi faire, qu’ils appellent le vétérinaire. Alors, il faudrait qu’on trouve la solution aussitôt, que la vache soit remise en seulement 24 heures.” Toujours dans le même esprit, l’éleveur pourra réclamer à son praticien qu’il se serve de la dernière molécule active commercialisée, la plus puissante.


Le raisonnement est un peu similaire chez le médecin : un patient ne va pas forcément comprendre que son praticien agit dans son intérêt, et estimera qu’il “ne fait rien” parce qu’il “ne sait pas” puisqu’il ne lui aura “rien donné”...

A Consulter : L'antibiorésistance sur le site de l'ANSES


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