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France - 10-05-2013

Pour une Pac flexible

Pekka Pesonen, est le secrétaire général du Copa-Cogeca (qui regroupe 77 organisations et coopératives agricoles de l’UE, dont la FNSEA et Coop de France). Economiste agronome, ce Finlandais a travaillé auprès du ministre de l'Agriculture de son pays mais aussi pour le lobby de l'industrie agroalimentaire. Il défend ici les positions de son syndicat sur la réforme de la Pac.

Quelle est votre priorité pour cette réforme de la Pac, alors que se poursuit la négociation entre le Conseil de l’UE, le Parlement européen et la Commission? 
C’est qu’une décision - un compromis entre les trois institutions - soit prise dès le mois de juin, afin que les agriculteurs puissent planifier leurs investissements. Il faudrait que les textes législatifs soient disponibles en septembre ou octobre. Sur le fond, nous voulons de la flexibilité, mais avec une approche, une orientation qui reste européenne. Sinon, est-ce qu’on aura encore une politique commune après 2020? Si seul le financement reste commun, ce ne sera pas suffisant. Actuellement, dans la position du Conseil, seul le verdissement est européen, les autres dispositions sont à la carte. 

Dans quels cas la flexibilité et l’approche commune que vous souhaitez seraient-elles applicables? 
Sur le verdissement, il faut trouver par exemple une petite liste commune de cinq à six critères dont trois au moins devraient être respectés dans tous les Etats membres. Nous serons très vigilants sur la question de l’équivalence: il ne faudra pas pénaliser les agriculteurs qui ont déjà accepté de se lancer dans des mesures agro-environnementales. On ne peut pas leur demander tout-à-coup de faire plus en leur accordant moins de soutiens. Ce serait les soumettre à une sorte de volatilité contractuelle. 

Au-delà de verdissement, quelle devrait être la mesure phare de cette réforme? 
Le positionnement des agriculteurs au sein de la chaîne alimentaire. Nous sommes en faveur des propositions de la Commission. On voit que les coopératives ont un impact favorable sur les prix et la variabilité du marché. Nous sommes pour le maintien du régime actuel pour les fruits et légumes, qui fonctionne, et pour les dispositions du "paquet lait". Il est regrettable de constater que, contrairement à l’objectif décidé en 2003 de poursuivre avec le découplage des aides, les agriculteurs sont de plus en plus dépendants de ces paiements, à cause de la réalité du marché, de l’effet ciseaux (prix-coûts de production). Selon notre mode calcul, le paiement direct représente aujourd'hui, à peu près les trois quarts du revenu net de l’exploitation. 

Quelle est, selon vous, la principale difficulté de la négociation en cours? 
La convergence des paiements directs. Pour la convergence entre les Etats membres, la Commission a fait une bonne proposition qui permet d’avoir une politique commune. Mais s’y ajoute la convergence interne, un problème très délicat pour les Pays-Bas, l’Irlande, la Belgique ou le Danemark. Pour les Danois, un paiement unique au niveau national signifierait une perte de 140 euros par vache. Avec une moyenne de 100 vaches par élevage, faites le calcul.
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Catégories : Coopératives

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