• Suivez-nous :

accueil
Actualité-Politique > France > En France, impossibles négociations
Mon panier :
0 article(s)

50 n° par an

METEO

Pub Rectangulaire défaut
A+
A-

France - 19-04-2013 - CE

En France, impossibles négociations

La table ronde sur l'avenir de la filière laitière a accouché d'une souris, symbole d'un dialogue interprofessionnel au point mort. Le gouvernement a nommé un médiateur, dont la mission est de trouver un accord avant la fin du mois.

Il faut de la fluidité dans les relations commerciales. Malheureusement en France, on n'a pas spontanément confiance dans son voisin. Le lait est l'exemple-type d'une filière où du début à la fin, il n'y a aucun rapport de confiance entre les maillons” expliquait l'économiste Philippe Chalmin au congrès de la FNPL, le 21 mars à Nantes. “Le moyen d'en sortir, ça s'appelle la contractualisation. Le marché ne connaît pas le juste prix : il ne sait pas ce que ça veut dire. L'économie contractuelle doit être basée sur la confiance, sans le bâton du législateur à qui on fait appel dès que ça va mal dans les filières agricoles.”


Faire évoluer le droit de la concurrence

Germinal Peiro, député PS de Dordogne, estime que le législateur ne peut pas tout. “Un contrat doit être basé sur la transparence. La grande distribution ne peut pas les signer puis parvenir à réinventer des mécanismes qui vont à l'encontre du contrat lui-même. C'est un biais fallacieux qui met la transformation dans des situations impossibles. Les manquements à la loi doivent donc être sanctionnés.”

La future loi sur la consommation, dont Germinal Peiro est pressenti pour être le rapporteur, s'attellera à la révision de la LME. Elle portera sur deux axes. D'une part, la volatilité des prix des matières premières, afin de pouvoir “induire un mécanisme de révision lorsqu'il y a ces espèces de yo-yo qui sont insupportables pour les producteurs” selon Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire. D'autre part, “pouvoir détailler le prix, les volumes mais aussi les conditions de promotion, de telle sorte que les relations contractuelles et commerciales entre distributeurs, producteurs ou transformateurs soient parfaitement transparentes”. Germinal Peiro interroge : “Où se situe la concurrence quand on est en face de cinq centrales d'achat seulement ?”


Et les producteurs dans tout ça ?

Depuis plusieurs semaines, la FNSEA et les JA sont sur la brèche (grande distribution, Lactalis et préfectures) et gardent l'arme au pied. Xavier Beulin a trouvé des alliés, les transformateurs, pour fustiger les pratiques de la grande distribution. Interrogé sur l'idée de Michel-Edouard Leclerc de créer un fonds de soutien pour les producteurs de lait, il a dénoncé une proposition qui “vise à acheter la paix avec les paysans afin qu'ils n'aillent pas perturber ses magasins”. Le président de la FNSEA a jugé que la proposition du patron de Leclerc serait immédiatement retoquée par les autorités de la Concurrence.

Le travail du médiateur consiste (entre autres) à déterminer la hausse du prix du lait que devra garantir chaque collecteur pour que la réévaluation décidée par les distributeurs soit répercutée aux éleveurs. On voit mal comment la distribution pourrait accepter que l'ensemble des produits laitiers soient impactés par une hausse dès le mois d'avril, comme le souhaite la FNPL, alors qu'aucune nouvelle négociation n'est prévue. “On est au bout d'un système” a commenté sobrement le président des JA, François Tabhuis. Avec la réforme de la LME, c'est une fois de plus l'Etat qui va être appelé à la rescousse pour faire retomber un peu la pression.

Signaler un abus

MOTS CLés : Commerce / enjeux

Partaher par mail

RÉAGISSEZ

Vous devez etre identifié pour réagir à cette élément.

Si vous n'avez pas de compte vous pouvez vous inscrire ici

Adresse mail :
Mot de passe :
VALIDER
Pub Carré défaut
Innovations Performances Services