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Pays de la Loire - 29-03-2013 - AH

“Produire bio ne se réduit pas à du conventionnel sans chimie ”

Jacques Caplat, agronome, ancien conseiller technique à la chambre d'agriculture de la Nièvre, actuellement administrateur de l'association Agir pour l'environnement, est l'auteur du libre "L'agriculture biologique pour nourrir l'humanité" (Actes Sud). Il intervenait lors de la dernière assemblée générale de la Coordination agrobiologique des Pays-de-la-Loire (Cab).

Produire 100% bio à l'échelle mondiale, est-ce vraiment possible et souhaitable? 
Oui c'est possible, mais si on veut juste faire du conventionnel sans chimie, cela ne marchera pas à grande échelle, la productivité à l'hectare ne sera pas suffisante. Le bio n'est pas du tout une niche mais une autre démarche agricole globale. Il y a un énorme malentendu. Comparer les rendements entre conventionnel et bio n'a pas de sens. C'est un changement de système, avec des semences adaptées qui doivent être adaptées au terroir par exemple. Il faut aussi privilégier les cultures associées. En maraîchage diversifié, les rendements sont beaucoup plus importants. 

Est-ce suffisant pour nourrir l'humanité ? 
Les différentes études planétaires qui ont été réalisées sont toutes unanimes et concluent que cela marche. Mais il faut changer de fonctionnement. Actuellement par exemple, une grande part des céréales produites partent dans l'alimentation animale. Pour cela on n'est pas obligé de rester en monoculture. Il faut vraiment sortir du rai­son­nement réductionniste culture par culture. 

20% de bio en 2020, c'est possible? 
Ce n'est pas un but en soi. C'est une étape qui doit permettre de mettre en œuvre des moyens, construire des techniques à grande échelle et des filières. Il faut des filières moins spécialisées, pour éviter les dérives que l'on a connues en conventionnel, où il était compliqué de s'adapter aux évolutions de la demande, du marché. Cela impose des articulations entre les différentes filières, sortir de la logique de l'hyper spécialisation. 

Pour autant, les conversions ne s'imposent pas contre le gré des agriculteurs. 
Non, il ne faut pas être dans le normatif, dans la contrainte. C'est pour cela qu'il faut commencer par un objectif politique, pour rassurer les paysans. Il faut par exemple une réforme fiscale pour privilégier la main-d’œuvre plutôt que le matériel, et un accompagnement techniqueme. On a laissé la technique aux chambres d'Agriculture, et le problème c'est que bien souvent­ les techniciens ont une formation en conventionnel, et envisagent la bio comme du "conventionnel sans chimie".Il faut faire confiance aux Gab, à des gens qui connaissent bien la bio. La bio c'est très cohérent, très efficace d'un point de vue agronomique. C'est la preuve par l'exemple qui peut permettre de convaincre. 

Que faut-il d'autre? 
Outre les variétés adaptées, il faut du matériel adéquat pour pouvoir récolter des cultures associées par exemple. Il faut aussi remplacer des produits par des techniques (bandes enherbées, haies, …). L'approche ne doit pas se résumer à remplacer un produit par un autre. Il faudra bien un jour que les Chambres cessent de considérer que les Gab font de l'idéologie.
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