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Mayenne - 08-03-2013 - Rémi Hagel

Après six ans, le parc bimodal toujours en suspens

Aménagement

Le projet du parc Laval-Mayenne à Argentré se poursuit. Mais l'avancement est suspendu à la décision du ministre. Laval Agglo organisait une réunion d'information devant une assistance dubitative, et sans le président du Conseil général. Les enjeux se situent à tous les niveaux.

L'information. La première réunion d'information sur le parc date du 26 octobre 2006, la suivante de février 2009. Et depuis, plus rien jusqu'à ce jeudi 28 février à Argentré. Pendant deux heures, Christian Briand, président du Syndicat mixte du parc de développement économique Laval-Mayenne, et Philippe Revel, le chargé de mission, ont dressé un état des lieux et répondu aux questions.
"On doit réussir une jonction parfois pas simple entre l'avenir et le quotidien. Le projet se joue à la fois ici et au ministère" s'est expliqué Jean-Christophe Boyer, le président de Laval Agglomération. Cette réunion se voulait donc comme un rapport d'étape, avec encore beaucoup de questions en suspens, mais "un moment essentiel", malgré tout.

Le projet. En effet, le projet est à la croisée des chemins, en attente d'un feu vert du ministre des Transports pour les financements (lire l'Avenir agricole du 1er février). Christian Briand a présenté un budget prévisionnel de 90 millions d'euros, dont 15,5 M€ pour l'acquisition du foncier, 20 M€ pour le raccordement ferroviaire de la Chapelle-Anthenaise (dont le tracé S2.2 vient d'être retenu), 24 M€ pour l'échangeur. Avec les recettes d'investissement et fiscales, le projet s'équilibrerait sur 30 ans.

L'évolution du parc dépend d'autres projets, dont le Scot (schéma de cohérence territoriale) du pays de Laval-Loiron, qui doit aboutir d'ici la fin de l'année. Une étude démarre également sur le contournement de l'agglomération qui utiliserait l'autoroute comme rocade nord. La prochaine étape serait la déclaration d'utilité publique. Pour cela, l'enquête publique pourrait démarrer à l'automne prochain.

Les riverains. Dans la salle, les prises de parole sont le fait d'habitants mécontents, au mieux dubitatifs. Les plus revendicatifs sont les riverains du hameau de la Bordelière, qui réclament d'être intégrés dans le périmètre du parc afin de pouvoir être expropriés. "On est impacté par trois zones : l'autoroute, la LGV et le parc. Si on veut partir, nos maisons sont invendables. Si vous nous indemnisez, sur les budgets que vous prévoyez, c'est peanuts ! Au lieu d'équilibrer à 30 ans, vous le ferez à 30 ans et six mois..." Christian Briand ne cherche pas à apaiser les craintes : "Le principe d'un périmètre, c'est que vous êtes soit dedans, soit dehors. Si vous êtes dehors, je ne peux pas vous promettre d'acheter votre maison".

Les terres ont été achetées à 1,50 euros/m2 (15 000 €/ha). Pas tant que ça, se plaint-on. RFF aurait racheté à 3,50 €/m2 à Saint-Berthevin. "Je ne suis pas RFF. Ce qui est sûr, c'est que Laval Agglo n'a pas acheté à plus de 1,50 € ailleurs" soutient le président.

La politique économique. Le public dubitatif interroge aussi sur le fond du projet économique. Quelles entreprises viendront ? "On fait ce parc pour créer de l'activité. Bridor, Sogeval, Man Hummel et Salmson viennent s'installer aux Grands Prés parce que la zone existe" argumente Christian Briand. "Par le passé, si Citroën est allé s'installer à Rennes, c'est parce qu'on en n'a pas voulu".

Un jeune agriculteur bio de Montflours estime qu'il y a "d'autres pistes de développement. Il y avait des fermes qui ont disparu. Si on veut nourrir Laval (avec les circuits courts) , il faudra des fermes, et cela créera de l'emploi". "Je n'oppose pas l'industrie et l'agriculture. Notre boulot est autant de développer une entreprise avec cent emplois que cent entreprises d'un emploi" affirme Jean-Christophe Boyer.

Guerre politique ? Dans un courrier, Jean Arthuis le président du Conseil général (partenaire de Laval Agglo dans le syndicat mixte) a justifié son absence, considérant cette réunion prématurée. Ils reste des obstacles à lever au préalable, selon lui, dont le fameux engagement de l'Etat ou de Cofiroute pour l'échangeur. "Le Conseil général a donné sa dém' ?" ironise quelqu'un. Non, Jean Arthuis assure que le partenariat n'est pas remis en cause. Mais que, selon les prochaines évolutions, on pourrait arriver à "une révision des contours de notre projet", devenant une zone d'activité classique.

Il reste difficile d'y voir clair : aux réelles questions techniques d'un projet aussi pharaonique s'ajoutent les tensions larvées de deux camps politiques : d'un côté, la gauche de Jean-Christophe Boyer, maire de Laval, président de l'Agglo (et proche du gouvernement), mais dans l'opposition au Conseil général. De l'autre, le centre-droit de Jean Arthuis et des maires et conseillers généraux de Saint-Berthevin et Changé, Yannick Borde et Olivier Richefou, dans l'opposition à l'Agglo.

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Catégories : Foncier Mayenne

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