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Bovins lait - 27-02-2013 - Frédéric Gérard

Lait: l'ire des jeunes Finistériens

La semaine dernière, la campagne du Finistère a connu des actions de dégradations assez violentes. Les président de chambres (départementale et régionale) ont appelé au calme. Derrière ces actes, c'est le désespoir d'une génération d'éleveurs en difficulté qui s'exprime.


Sur la période 2006-2011, le prix du lait s’est établi en moyenne à 335 euros/1000 litres. “Ce qui couvre juste les coûts de production”, note-t-on en Conférence de bassin; aucun des membres (administration, professionnels, entreprises) ne peut donc l’ignorer. Mais surtout, le produit de l’activité lait (437 euros, aides comprises) est insuffisant pour couvrir les charges (441 euros). L’écart maximum a été atteint en 2009, mais la situation apparait plus complexe, aujourd’hui. “On sortait plutôt d’une bonne année 2008, tandis qu’après 2012, les trésoreries sont exsangues”, commente Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère.


 son département, la colère a gagné la campagne. Des actions commandos visent grandes surfaces mais aussi maisons d’élus (celle d’une députée en particulier) ou de Stéphane Le Foll. “Amener des caddies devant la maison du ministre, je trouve que c’est une action saine. C’est aussi une manière de l’interpeller sur la situation des éleveurs, et sur la LME”, considère Thierry Merret. “Je trouve la casse totalement inutile”, insiste Thierry Merret, “mais je comprends le malaise”. Son syndicat n’a pas appelé à manifester le 18 février à Quimper où 210000 euros de dégâts collatéraux ont été estimés par la ville et le Conseil général, les collectivités envisageant de porter plainte contre X. Des débordements ont par la suite émaillé la vie nocturne du département durant une semaine, au point que le président de la chambre s’en prenne au président du syndicat, lui reprochant de “ne pas tenir ses troupes”. Mais ces commandos semblent agir en électrons libres. “Ce sont pour la plupart des jeunes, installés depuis 3-4 ans, qui ne croient plus en rien, ni même en leurs organisations économiques,indique le syndicaliste. Les avances de trésoreries, ce n’est pas la solution. Si on ne leur donne pas des espoirs, nous ne répondons plus de rien.”


De plus, ces jeunes éleveurs vivent mal les propos de deux figures nationales: la première, du ministre, qui a parlé d’un plafond pour que le prix du lait reste “acceptable” (et ce n’est pas 400 euros…). La seconde, d’un certain Michel-Edouard Leclerc, qui avec un chiffre d’affaires de 43,7 milliards d’euros, en progression de 7,5% par rapport à 2011, fanfaronne et vise la première place, détenue par Carrefour (20% de parts de marchés). Difficile à entendre pour des éleveurs endettés qui ne parviennent pas à passer les hausses nécessaires pour couvrir leurs coûts de production. La LME - baptisée “loi Michel-Edouard” en 2009, favorise les distributeurs dans les négociations. Les entreprises du Finistère (Le Gall, Rolland, Laïta, Lactalis...) expliquent ne pouvoir passer les hausses réclamées. Thierry Merret relativise toutefois leur position: “Elles peuvent déjà passer 15 euros, grâce aux hausses de prix obtenus auprès de la restauration hors foyer et à l’export”. Ce qui ne semble pas d’actualité.


Le Finistère a appuyé depuis des années la concentration de la production laitière par actif. La référence moyenne des exploitations se situe à 375000 litres contre 345000 pour la moyenne du bassin Grand Ouest (8 départements), déjà bien supérieure à la moyenne nationale à 320000 litres.

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