• Suivez-nous :

accueil
Élevages > Bovins lait > Lait : cinq scénarios pour le Grand-Ouest à l'horizon 2020
Mon panier :
0 article(s)

50 n° par an

METEO

Pub Rectangulaire défaut
A+
A-

Bovins lait - 27-02-2013 - Frédéric Gérard

Lait : cinq scénarios pour le Grand-Ouest à l'horizon 2020

En vue de soutenir une politique dynamique en faveur des industriels, des éleveurs en place et de mener une politique d’installation en adéquation aux besoins, les services de l’Etat veulent s’appuyer sur le travail de prospective commandé aux chambres d’Agriculture. Les 5 scénarii présentés en Conférence de bassin Grand-Ouest, le 28 janvier, doivent répondent à des enjeux communs : notamment le revenu, la qualité de vie et la productivité du travail des éleveurs. Dans des contextes très différents. L'objectif est d'élaborer une feuille de route à l'horizon 2020.


Rappel préalable: le bassin laitier Grand-Ouest représente un tiers de la production nationale de lait (soit 7,7 milliards de litres) et concerne huit départements : le Finistère, le Morbihan, les Côtes-d'Armor, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique et la Sarthe. On dénombre 13300 exploitations laitières dans les quatre départements bretons et 8200 dans les quatre départements des Pays de la Loire.


1- Des marchés porteurs mais volatils. C’est le scénario qui suit le plus la tendance des cinq dernières années : la consommation française et européenne stagne, mais la demande est tirée par les pays émergents. Les industriels investissent pour en profiter, ciblent l’export et réorganisent leurs outils entre les neuf différents bassins. Les laiteries proposent aux éleveurs de l’Ouest de produire plus. “Le prix du lait est ferme en moyenne sur la période, mais connaît d’importantes fluctuations.” C’est un scénario qui profite plutôt bien au bassin Grand-Ouest, et plus qu’aux autres régions françaises : il connaît alors une hausse de ses productions industrielleàs, y compris des PGC (yaourts, fromages, beurre de table, crème, lait concentré, etc.).

Cependant, cette option dépend de la croissance des pays émergents et de la capacité à valoriser les produits industriels…


Les évaluations prévoient une évolution significative du nombre d’exploitations et de chefs d’exploitations, passant respectivement à 14250 (-36% de 2010 à 2020) et à 26400 (-30% entre 2010 et 2020) ; dans le même temps, la production moyenne par site passe de 350000 à 640000 litres. La productivité par vache et par hectare augmente en parallèle. Ces évolutions sont similaires aux différents scénarios, à des degrés divers.


2- Un recentrage sur le marché européen. Scénario selon lequel la consommation ne progresse pas en volumes mais en valeur ; ce qui conduit à une augmentation du prix payé aux producteurs (dans un premier temps). Evolution en corrélation avec le durcissement des exigences environnementales (la taxe carbone, par exemple). Cependant, cette option n’est “pas compatible avec la réalité des marchés”, selon les transformateurs : le consommateur ne serait pas prêt à payer plus cher. De plus, cela conduirait à exacerber la concurrence entre opérateurs, du fait de l’abandon du marché export ; la concurrence étrangère incluse. La pression de la distribution se fait alors plus forte sur les PGC. Ce scénario nécessite de surcroît des protections aux frontières pour maintenir un niveau de prix soutenu.


3- Une “végétalisation”: flambée des prix des matières premières. “C’est le scénario le plus noir.” En résumé : fort recul des volumes (la production recule plus qu’ailleurs en Europe), baisse importante du nombre de producteurs, perte de parts de marchés (éloignement des centres de consommation et pertes à l’export par rapport aux pays qui produisent à moindre coûts). S’en suit une restructuration importante, mais des prix limités pour les industriels : une baisse de consommation des produits laitiers est à craindre.

Dans l'Ouest, ces risques de “végétalisation” existent mais sont “localisés”, avec pertes d’emploi et concurrence accrue. Auprès des éleveurs, ces éléments produisent plusieurs effets : un problème de renouvellement, une augmentation de la taille des exploitations pour privilégier la partie céréales. Les systèmes lait-cultures se développent aux dépens des systèmes avec viande.


4- Une crise mondiale : la filière souffre mais résiste. La récession se généralise et freine la consommation mondiale des productions animales, le lait compris. Les volumes stagnent, avec une concentration de la production nationale dans l’Ouest. Les prix aux producteurs baissent. Les industriels optent pour une réorientation de leurs marchés, et délaissent davantage l’export.

Les exigences environnementales se renforcent au même rythme qu’actuellement, mais l’analyse prévoit dans ce cas une “harmonisation européenne”.

Cette “crise” entraîne une accélération de la restructuration de la filière et une baisse de son attractivité.


5- Des marchés libéralisés et dynamiques. Ou comment profiter des marchés mondiaux après la levée des quotas. “Le scénario le plus optimiste”, selon les chambres d’Agriculture. La filière profite d’une hausse à la fois des volumes (export vers les pays émergents) et des prix. La spécialisation des bassins de production nationaux, pour le lait, profite au Grand-Ouest. Toutefois, les estimations très optimistes seraient à réévaluer, à plus ou moins long terme, selon l’industrie. En effet, la consommation (mondiale, principalement) pourrait ne pas “exploser”, la concurrence devrait s’intensifier, et la capacité (notamment des éleveurs) à investir plafonner.

Quoi qu’il en soit, la filière devrait retrouver de son attractivité, les départs précoces reculer et le renouvellement des générations repartir à la hausse. En revanche, le prix est guidé par une plus forte volatilité.


A l'issue de ce travail, la filière de l'Ouest devra avoir établi une feuille de route pour amortir au mieux la fin des quotas laitiers et préparer au mieux l'après-2015. Les différents leviers pour la période 2014-2020 s'appuieront sur la stratégie retenue (1er et 2nd piliers de la Pac, contrats de projets Etat-Région, programmes de développement agricole, etc.).


Frédéric Gérard



Signaler un abus
Partaher par mail

RÉAGISSEZ

Vous devez etre identifié pour réagir à cette élément.

Si vous n'avez pas de compte vous pouvez vous inscrire ici

Adresse mail :
Mot de passe :
VALIDER
Pub Carré défaut
Innovations Performances Services