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France - 22-02-2013

La spéculation bancaire en agriculture dans le collimateur d’Oxfam

Dans un rapport paru le 12 février, l’organisation non gouvernementale (ONG) Oxfam France dénonce la spéculation menée par quatre banques françaises sur le marché des matières premières agricoles par le biais de fonds de placement.

Au terme de recherches effectuées pour son compte par le cabinet néerlandais indépendant Profundo, Oxfam a déterminé que des banques françaises contrôlaient 18 fonds dont les performances sont totalement ou partiellement liées à l’évolution du prix des matières premières agricoles.


Une réforme bancaire trop souple

L’étude d’Oxfam vise la BNP Paribas­ qui détient 10 fonds spéculatifs sur les matières premières agricoles, la Société­ Générale­ et le Crédit Agricole­ par le biais de leur filiale commune­ Amundi, qui détiennent sept fonds, ainsi que Natixis­ sur un fonds, filiale du groupe BPCE. Au total, selon l’étude, ces fonds gèrent 2,58 milliards d’euros. Oxfam France souligne que ces fonds ne sont pas concernés, en l’état, par le projet de réforme bancaire dont l’examen a débuté le 12 février à l’Assemblée, sauf nouvel amendement déposé et adopté. Dans le texte présenté par le gouvernement, les banques ne se verraient interdire la spéculation que sur les produits financiers dérivés de matières premières agricoles pour leur propre compte, sur leurs fonds propres. Les produits proposés aux clients, comme les fonds visés par l’étude, échapperaient donc au champ de l’interdiction.


Les réactions des banques divergent

La BNP s’est engagée à suspendre immédiatement deux de ses fonds adossés aux marchés financiers de matières premières agricoles. Ces fonds sont le BNP Paribas Agrifund basé à Singapour et indexé à 100% aux matières premières agricoles, et le fonds indiciel Ultralight energy basé au Luxembourg dont 40% de la valeur est liée à l’agriculture. La BNP, dont la valeur des fonds sur les matières premières atteignait 1,419 milliard d’euros fin novembre 2012, reste de loin la banque française la plus active sur les marchés
financiers des matières premières agricoles.


Le Crédit agricole a aussi réagi en indiquant suivre la droite ligne de l’un de ses quatre axes stratégiques, celui du “soutien à l’investissement durable”. Ainsi, le Crédit agricole a amorcé, depuis l’automne 2012 la fermeture de ses trois fonds indexés sur les évolutions de cours des matières premières agricoles. A la mi-avril 2013, le Crédit agricole n’aura plus du tout de fonds indexés sur les matières premières agricoles. En revanche, Clara Jamart, “responsable de plaidoyer justice économique” pour Oxfam France, indique que la Société générale a nié son activité sur les marchés financiers agricoles et n’a pas fait d’annonce. La banque est cependant affectée par la fermeture des fonds du Crédit agricole qui étaient cogérés avec la Société générale via la société Amundi. Selon le rapport d’Oxfam­, la Société générale était, à la fin novembre 2012, à la tête de plusieurs fonds cumulant 467 millions d’euros placés sur les matières premières agricoles.


Vers un renforcement de la loi de réforme bancaire

Selon Clara Jamart, “le gouvernement a lui-même proposé un amendement pour modifier le code monétaire et financier et étendre les sanctions administratives et pénales sur les manipulations de cours agricoles “. Cet amendement viserait à sanctionner l’utilisation des marchés financiers pour manipuler les cours des matières premières agricoles, par la prise de positions massives à l’achat ou à la vente sur des contrats à terme blé, maïs ou colza. “Une bonne nouvelle” pour la responsable de l’ONG, qui demande cependant à ce que soit précisée la notion de “manipulation des cours”. “Les députés ont fait pression sur le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, pour qu’un nouvel amendement allant plus loin dans la lutte contre la spéculation sur les matières premières agricoles soit proposé”.

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