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Porc - 22-02-2013 - Frédéric Gerard

La position pas claire des abattoirs

Tandis que les abattoirs se plaignent de la baisse de production, des entreprises sont sanctionnées pour avoir diminué de concert leurs abattages, et ainsi, tiré les prix vers le bas.

La rentabilité des outils d'abattage est directement liée à la capacité de la production à les alimenter. Or, ces outils ne sont plus saturés. Avec des marges ténues, les industriels se plaignent régulièrement du manque de cochons ; outre les problématiques de concurrence, en particulier par rapport à l'Allemagne, les barrières environnementales, les pa­radoxes du consommateur français et toutes les peines qu'ils ont à répercuter la hausse des matières premières aux distributeurs. Le Sniv (syndicat des industriels de la viande) a avancé l'ardoise, il y a un an : “Des pertes supérieures à 100 millions d'euros, en 2011.” Pertes qui pourraient doubler, selon le syndicat, du fait de mesures récentes “contradictoires avec le discours du retour à la compétitivité des entreprises”


“Les éleveurs paieront deux fois”

La contradiction ne semble pas l'apanage des pouvoirs publics. Certains industriels arborent un double discours. La récente mise en cause pour “entente illicite” a révélé que huit abattoirs s'étaient accordés pour infléchir le prix payés aux producteurs, en baissant “de façon coordonnée” les commandes­, et donc les abattages, pour simuler une baisse de la demande. L'Autorité de la Concurrence a sévi (1). Mais l'affaire illustre bien “le manque de stratégie de la filière”, le “chacun pour soi” dénoncé par certains.


A la lumière du contexte actuel, ces pratiques apparaissent “difficiles à comprendre”, commente un acteur. Moins complaisante, la Confédération paysanne dénonce des opérateurs “capables de s'organiser pour faire baisser les prix à la production, mais [qui] refusent de le faire pour organiser l'offre face à la grande distribution”. Quant aux amendes, prédit le syndicat, elles seront “in­di­rec­tement payées par les producteurs” qui “paient deux fois ces pratiques” puisqu'ils “n'ont pas été payés de leur travail pendant la période concernée” (2009).


Révélatrice, cette affaire ne serait qu'un exemple. Les groupements, dont l'objectif face à la baisse de production est déjà de maintenir l'offre, ont vécu une “situation exceptionnelle” au marché au cadran en début d'année : des opérateurs ont réduit leurs achats pour peser sur les cours des séances suivantes. Le plus gros apporteur du MPB (environ 40% des porcs) explique avoir du composer. “Il aura fallu subir plus de 11000 porcs Aveltis invendus ou sans enchères au mois de janvier”, jusqu'à ce que les cours remontent de 5 ct le 15 février (maintenu lundi). “Ces porcs non achetés par les abattoirs du Grand-Ouest ont dû être valorisés sur d'autres zones d'abattage”, explique Dominique Bèle, directeur d'Aveltis. Ainsi, les fins de semaine, le groupement “se mobilisait pour dégager ces cochons vers le sud de la France et vers l'Espagne, pour qu'ils ne reviennent pas sur le marché le lundi”. Ce “tour de force” a eu un coût pour le groupement, le transport n'étant pas totalement financé par ces opérations de “dégagement”. Malgré cet épisode, Dominique Bèle estime que “le marché fonctionne bien”. L'Autorité de la Concurrence l'a d'ailleurs souligné. Le problème, au final, revient à la grande distribution, à laquelle il est difficile de répercuter 5 ct/kg de viande.

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