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Porc - 22-02-2013 - Frederic gerard

Porc : les défis internes et externes de l'UE

Maintien de la production, développement de l'export, concurrence économique, etc. Comment se situe l'Europe sur l'échiquier mondial ? Eléments d'analyse.


Cela fait une vingtaine d'années que Jan-Peter Van Ferneij garde un œil sur les autres pays producteurs de porcs, pour l'Ifip (Institut technique du porc). L'ingénieur a d'abord essayé de comprendre l'organisation des filières puis les mécanismes de formation des prix dans chaque pays. Et depuis 2008, son travail consiste en une veille économique du monde du cochon. Lors de l'assemblée générale du groupement Agrial, il a fait un tour d'horizon des principaux éléments. Avant de savoir si le Canada pourra importer dans l'Union, à partir de 2014, aux termes des accords bilatéraux en négociation.


Une production qui baisserait moins que prévue ?

En France, la production est en baisse. “En 2013 comme en 2012, elle devrait perdre 500 000 porcs”, prévoit Jan-Peter Van Ferneij. C'est moins que certaines prévisions qui tablent sur -5 à -7 % du fait notamment des arrêts provoqués par les mises aux normes truies gestantes. 


Cette baisse de production concerne toute l'UE. Plus marquée en Europe centrale, elle touche aussi l'Allemagne, le Danemark, les Pays-bas. “Seule l'Espagne connaît encore une croissance.” La baisse devrait glo­ba­lement se situer entre -1,5 et -2 %, estime Jan-Peter Van Ferneij, “par rapport à ce qu'on voit aujourd'hui”. Là encore, c'est moins que ce qui était craint. C'est aussi moins que les prévisions américaines qui anticipent -3,5 % à -4 % dans l'UE. Ainsi, “ils pensent sans doute qu'ils pèseront plus sur le marché”. Pour commercer, ils auront toutefois un avantage avec la parité euro-dollar.


Comment expliquer ces différences d'appréciation ? L'Ifip se base sur des données statistiques et sur les restructurations qui ont déjà eu lieu aux Pays-Bas et au Danemark. “La disparition des petits élevages les moins performants s'accompagne d'une amélioration des résultats techniques et du nombre de porcelets par truie. Parfois jusqu'à 29-32 porcelets de moyenne.”

Il y a plus de chances, désormais, que la baisse de production soit engendrée par le niveau des coûts de production, difficile à répercuter en aval. La filière française s'en inquiète. L'Allemagne profite de ses avantages fiscaux et de groupes leaders : son cheptel diminue, pas les abattages. “Elle importe des porcs pour faire tourner ses outils.”


L'Asie a faim, de cochon

La consommation se tasse. Les entreprises européennes regardent donc ailleurs. L'Asie, et en particulier la Chine, est une destination privilégiée, et devrait l'être de plus en plus. A condition d'assurer un approvisionnement régulier aux négociants asiatiques, prévient l'ingénieur Ifip. De la capacité de l'Europe à limiter la baisse de sa production dépendra son avenir en Chine. C’est en effet 1  million de tonnes de produits de porcs qui y sont consommées... par semaine (53Mt/an). “C'est énorme !” La Chine en produit 47 %. La demande explose, idem en Corée du Sud.


“Ces exportations sont très importantes aujourd'hui. C'est un moyen de valoriser la globalité des carcasses.” Des pièces, des abats, des coproduits qui en Europe et en Amérique­ du Nord ont peu de valeur. Un bémol, toutefois : en Chine, comme en Russie qui importe le gras, “la gestion du marché est régie de façon très gouvernementale”. Ce qui les rend “aléatoires”. La valeur de ces transactions reste, par ailleurs, très difficile à déterminer.


Le cheval de trop ?

Pour fidéliser ces marchés, l'UE vante la fiabilité de ses produits carnés. “Depuis des années, l'Europe explique aux pays asiatiques que son système de traçabilité est le plus performant.” Preuve en est, la découverte de viande de cheval à la place de bœuf. “Mais cette affaire nuit également à sa réputation.” En Chine, où l'on ne compte plus les scandales sanitaires alimentaires, Jan-Peter Van Ferneij é­value à environ 100  millions de consommateurs les habitants qui peuvent se permettre, financièrement, d'acheter des produits importés plutôt que les produits asiatiques pour avoir “des garanties sanitaires”. Pour cela, ils paient plus cher. Leur confiance doit être maintenue.


Frédéric Gérard


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