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Sanitaire - 10-01-2002

Crise bovine : les éleveurs bloquent le TGV

A l’annonce du plan, lundi 7 janvier, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, lâchait : « Je ne souhaite pas aller sur les barricades, mais nous verrons bien si l’action syndicale doit être relancée ». En Mayenne, ça n’a pas tardé. Dès le lendemain, sans attendre de mot d’ordre national, une petite centaine d’agriculteurs ont manifesté leur désaccord, en allant bloquer la circulation des TGV entre Laval et Rennes.
Et barricade il y a eu, dans la campagne de Saint-Berthevin. Cela a commencé par un feu de paille. Certains manifestants pressés l’ont allumé avant que l’ordre n’ait été donné de retenir tous les trains en gare. Un TGV est arrivé. Nous ne sommes plus au temps du Far-West : l’engin ne s’est pas arrêté au feu, traversant les flammes. Les agriculteurs ont juste eu le temps de retirer la palette qu’ils venaient de mettre. ça aurait pu faire mal…
Sur ce passage à niveaux, la route traversant la voie ferrée était condamnée, coupée par deux talus de terre et des barrières : du matériel tout à fait approprié pour les syndicalistes. Les plots de chantier en plastique se sont vite retrouvés dans le foyer, tandis que les grilles plastifiées ont été déménagées en travers de la voie ferrée. Quant aux deux monticules de terre, ils ont été répartis sur les rails à coups de tractopelle.
Dépêchée sur les lieux, Marie-Josette Lahondès, directrice du cabinet du préfet, a entendu les revendications des syndicalistes. « 150 ME, c’est beaucoup trop faible, a estimé Philippe Jehan, des JA. La crise de l’ESB n’est pas dûe aux agriculteurs, mais à une défaillance de l’Etat. C’est à lui de compenser. » Il considère que « la cible est la bonne », mais « ce qu’on demande, c’est un remboursement intégral des pertes. »
« Le gouvernement est beaucoup plus fort pour mettre en place des plans sociaux pour faire partir les agriculteurs, que les aider pour les laisser en place » a ajouté Patrick Bricaud, président de la FDSEA. « C’est un plan d’enterrement. Cela fait des années que la France connaît la croissance. Tout le monde a pris le train sauf nous. »
Au final, les manifestants, qui voulaient voir le ministre, ont obtenu de rencontrer Pierre Portet, chargé de mission au ministère, ce vendredi 11 janvier. Le camp a été levé à 14h, les trains ont pu circuler à 16h. Qu’obtiendront les éleveurs ? Leur action n’a, pour l’instant, pas trouvé d’écho dans les autres départements.

Réactions :
FNSEA : « Nous ne sentons pas la solidarité nationale »
« Nous attendions un signe fort du gouvernement, nous ne l’avons pas eu, regrettait le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer. Et pourtant, chacun reconnaît la situation difficile dans laquelle se trouve l’élevage français ». Le président de la FNSEA craint qu’il y ait un grand nombre d’éleveurs exclus du plan alors qu’ils ont été touchés par la crise. Tout en reconnaissant quelques points positifs (l’aide à la cessation d’activité, la perspective de restructuration du bassin allaitant), il affirmait qu’il allait regarder de très près comment ce plan se mettrait en œuvre sur le terrain.

Jeunes agriculteurs : « Un plan mal ciblé »
En dépit du volet spécifique pour les jeunes, Jean-Luc Duval, président des jeunes agriculteurs, n’était pas tellement plus tendre à l’égard du dispositif annoncé par Jean Glavany. Selon lui, le plan est « mal ciblé ». Notamment, le fait qu’il faille ne pas toucher plus de 35 % d’aides PAC par rapport au chiffre d’affaires est selon lui une erreur. Cela favorise ceux qui produisent hors du système de la PAC. D’autant que ce ratio sera plus difficile à respecter puisque les aides PAC ont augmenté en 2001 alors que le chiffre d’affaires a baissé. De plus, on estime chez les JA que le plafond de 40 000 euros de CA (au-delà duquel il faut réaliser plus de 50 % du CA en viande) est très limitatif. Cela correspondrait à environ 130 000 litres de quota laitier. Or, la moyenne française est de 180 000 litres.

Confédération paysanne :
« Une approche positive mais… »
« C’est la première fois qu’un système d’aides est basé sur le principe du forfait et non pas sur le nombre d’animaux. C’est très intéressant et c’est positif » réagit Jean-Emile Sanchez, représentant de la Confédération paysanne. Le syndicat se dit cependant inquiet quant au ciblage des aides. « Le dispositif est difficile à comprendre et on ne verra qu’après-coup si le ciblage est opérant sur les éleveurs les plus touchés » ajoute, sceptique, Jean-Emile Sanchez. Le syndicaliste dénonce par ailleurs le dispositif de pré-retraite qui « n’est qu’un masque pour une restructuration de la filière ».

Coordination rurale :
« Ce sont les soldes »
« Le plan annoncé dispose d’une enveloppe trop petite et ne résout rien. Il s’agit d’un plan au rabais ; ce sont les soldes » commente François Lucas, le président de la coordination rurale. Au regard des montants, le volet social est « presque de la provocation » poursuit François Lucas, qui estime par ailleurs que le volet économique mobilise des critères « extrêmement compliqués ». Au final, conclut le président de la coordination rurale, « les éleveurs les plus en difficulté ne régleront pas leurs problèmes, et le lot moyen des éleveurs continuera à s’enfoncer tout doucement ».

Favennec : « Glavany sponsorise la disparition des agriculteurs »
Yannick Favennec, candidat aux élections législatives en Nord-Mayenne, estime que « le gouvernement sponsorise la disparition des agriculteurs et organise la désertification des campagnes plutôt que d’envoyer un signe fort à la filière bovine. Notre agriculture mérite mieux et davantage que des mesures sporadiques. »
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