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Élevages - 14-12-2018 - Antoine Humeau

Le bien-être est-il dans le numérique ?

L’innovation au service de la santé en élevage

En matière de santé ou de bien-être des animaux, les services rendus par les outils numériques dans les exploitations ne manquent pas. Mais la “digitalisation” des fermes peut-elle transformer le métier d’éleveur ou son rapport à l’animal ?


Les capteurs pour mesurer les déplacements, détecter les signes de faiblesses, maladies éventuelles ou chaleurs investissent peu à peu les élevages bovins. “Rien que sur une vache, on peut mettre une dizaine de capteurs !” s’exclame Guillaume Ardillon, directeur digital du groupe Terrena. Autant d’outils qui permettent de mieux anticiper et de gagner en précision. Le suivi est à la fois plus individualisé et plus précis. Et ce mouvement de “digitalisation” au service de la santé des animaux n’est pas fini. “A terme, nous espérons des outils sur le déplacement, la rumination ou le suivi de température”, lance Christophe Sablé, membre de la commission élevage de la chambre d’agriculture des Pays-de-la-Loire.

Le mouvement de numérisation est plus avancé encore dans les élevages hors sols, notamment avicoles, de plus en plus équipés en capteurs. Y a-t-il toutefois un risque pour l’éleveur de se laisser envahir ou déposséder d’un savoir-faire ? “Ces outils ne remplaceront jamais l’œil de l’éleveur”, balaie Christophe Sablé. Les éleveurs équipés de robot de traite en savent quelque chose. “Certains refusent ces outils craignant qu’ils les éloignent de l’animal, mais le plus souvent les éleveurs combinent les choses”, constate Claire Manoli, responsable de l’unité de recherche sur les systèmes d’élevage à l’Ecole supérieure d’agriculture d’Angers. Il y a dans le savoir-faire de l’éleveur quelque chose d’irremplaçable, “un savoir tacite lié au compagnonnage, difficile à formaliser avec des indicateurs” selon elle.

“Les animaux sont en relation avec le troupeau et aussi avec l’éleveur, la domestication n’aurait pas été possible sans ces interactions”, rappelle le philosophe Alain Loute, diplômé en éthique économique et sociale. Attention donc à ne pas “réduire les animaux à un ensemble de données et d’indicateurs”, à ne pas “franchir une nouvelle étape dans la mécanisation des animaux d’élevage”.

Bien-être de l’éleveur

Le numérique sert surtout “à objectiver les choses” selon Guillaume Ardillon. Cela vaut pour la santé, mais aussi pour les indicateurs de bien-être animal. “On a tous notre définition du bien-être, et ce n’est pas la même que celle du voisin. Une densité plus faible pour les poulets cela se mesure, mais anticiper, surveiller les boiteries, cela se mesure comment ?” C’est ainsi que Terrena travaille avec l’association welfariste CIWF pour définir des indicateurs. Et les éleveurs avicoles de Terrena sont maintenant équipés d’une application, Tibena, développée en coopération avec CIWF.

Et le bien-être de l’éleveur, dans tout cela ? Le plus souvent, “le numérique réduit la pénibilité physique, libère du temps et allège même sa charge mentale grâce à une meilleure anticipation”, constate Alain Loute. Mais parfois, “la charge mentale augmente à cause des outils numériques” tempère Coralie Hayern, conseillère nationale en prévention des risques professionnels à la MSA. Revoir des alertes à tout moment, c’est se rendre disponible à chaque instant, s’obliger à rester en veille. Quant au temps dégagé, “il n’est pas forcément du temps de loisir tandis qu’auparavant, il y avait peut-être moins de temps de loisir, mais l’éleveur en profitait davantage”, constate Coralie Hayern.

Antoine Humeau


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