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Agronomie - 08-06-2018 - Sabine Huet

Réduire ses coûts grâce à l’épandage sans tonne

MecaElevage

Au salon MécaElevage, organisé par les Cuma de l’Ouest le 14 juin à la Séguinière (Maine-et-Loire), les démonstrations de machines pour l’épandage du lisier seront un moment fort. La Cuma de Piacé (Sarthe) est équipée depuis dix ans d’une rampe à pendillard pour l’épandage sans tonne. Reportage.

La rampe d’épandage en 12 mètres est équipée de 60 sorties.

La rampe d’épandage en 12 mètres est équipée de 60 sorties.


L’épandage sans tonne, on maîtrise à la Cuma de Piacé ! Dix ans déjà que la rampe pendillard a requis l’engagement d’une dizaine d’adhérents. “A l’époque, elle avait coûté 70 000 euros, aujourd’hui, c’est 100 000, comme une tonne à lisier”, relève Nicolas Denieul, secrétaire de la Cuma. Chaque année, 25 000 m3 de lisier de porcs et de bovins sont épandus sur quelques 750 ha. La SCEA Denieul à Piacé (350 truies naisseur engraisseur) fertilise la totalité de sa SAU avec ce système, à l’exception des protéagineux. “Je mets 30 m3/ha sur les céréales en février, 30 à 40 m3/ha sur les maïs au printemps et 30 m3/ha sur les colzas en août, soit 8 000 m3 par an.” Ainsi, six mois de stockage sur la ferme suffisent.

Un peu d’expérience

Près de la fosse, une pompe mobile actionnée par un moteur de 170 ch, envoie le lisier dans les canalisations enterrées du réseau d’irrigation. Dans le champ, le tuyau relié à la rampe d’épandage se raccorde sur la vanne. Avec les 5 km de canalisations, 250 ha sont ainsi couverts. Pour les parcelles éloignées et non équipées pour l’irrigation (80 ha), Nicolas Denieul dépose un caisson de 40 m3 en bordure de parcelle. “Pour l’alimenter, trois tonnes à lisier font les va-et-vient entre la parcelle et la fosse.” La pompe se branche alors sur le caisson.
Dans la parcelle, “je déroule le tuyau en diagonal, et je démarre l’épandage au plus loin”. Le tuyau souple, sur lequel le tracteur peut rouler, est long de 800 mètres, mais la longueur de travail se limite à 400 mètres. “Au-delà, il y a risque d’arrachement.” Et c’est là la difficulté de la technique : “Bien répartir le tuyau dans le champ pour ne pas l’arracher. Il faut un peu d’expérience, on ne peut pas confier ça à un stagiaire !” A la fin du chantier, de l’air sous pression est envoyé pour vider le tuyau afin de l’enrouler facilement sur le dévidoir à l’avant du tracteur.
Pour les exploitations disposant d’un parcellaire autour des bâtiments, sans canalisation, il est possible avec 1 000 mètres de tuyau, d’épandre sur 100 ha.

Plus économique

Avec 5 tonnes par essieu contre dix pour une tonne à lisier, le sol ne souffre pas de compaction. Les pneus du tracteur sont gonflés à 0,5 bar. L’autre point fort de la technique, c’est le débit de chantier. “C’est révolutionnaire ! J’épands à 2 km/h, 2 à 3 ha/h. Le débit est de 80 à 100 m3/h selon l’éloignement des parcelles.” Question tarif, la facture s’élève à 3 euros/m3 avec les canalisations et 5 à 6 euros avec le recours à un caisson. “C’est plus cher qu’avec une tonne mais j’apporte au plus près des besoins des plantes. J’ai peu de pertes par volatilisation et j’évite un passage de herse rotative et un décompactage.” La ferme, qui a abandonné le labour il y a quinze ans, consomme 50 l gasoil/ha/an hors moisson. “L’argent que je mets dans l’épandage, je ne le mets pas dans le travail du sol.” Ni dans la fertilisation ! Le lisier est analysé avant chaque épandage pour connaître la quantité exacte d’azote apportée. “Je ne mets plus ni engrais de fond, ni fertilisant, ni chaux, le lisier à 8 de pH n’acidifie pas le sol.” Nicolas Denieul évoque également la régularité de l’épandage, la précision avec l’autoguidage, la moindre usure des pneus sur la route et des plages de travail plus importantes. “C’est aussi mieux accepté par les voisins car on n’épand pas sur des sols nus.”

Etre toujours deux

Du côté des inconvénients, certes, il faut disposer de parcelles équipées de canalisations ou à proximité de la ferme, mais la principale contrainte est la nécessité d’être toujours deux. “Il faut une personne avec la rampe et une pour éteindre et rallumer la pompe en cas de problème et pour déplacer le tuyau dans les grandes parcelles”. Le surcoût de l’épandage est également lié au tracteur mobilisé pour déplacer le tuyau et au malaxeur dans la fosse “qui tourne toute la journée pour distribuer un produit homogène”. Enfin, même si la mise en place du chantier est plus longue qu’avec une tonne à lisier classique, le sarthois parvient tout de même à épandre 500 m3/jour, temps d’installation et de rangement compris.

Sabine Huet


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Catégories : Salons

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