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Herbe - 19-04-2007

Avec l’enrubannage, une meilleure santé des vaches

22 euros de frais vétérinaires par UGB. Bertrand Guyard, du Gaec des Douets, pointe ce chiffre avec satisfaction. Depuis qu’il s’est mis à l’enrubannage, il y a cinq ans, il a constaté que la reproduction de son troupeau de Normandes s’était améliorée, idem pour les aplombs et la longévité. « On a 5 vaches de plus de 10 ans, dont une de 13 qui est gestante. » Et dire que tout cela est parti d’un voyage en Aveyron !
En effet, lors d’un séjour dans le sud, l’éleveur de Brecé (Nord-Mayenne) a constaté que pour stocker du fourrage l’hiver, il n’y a pas que le maïs. « Là-bas, les gens font du lait sans maïs. » Pourtant installés dans une zone où le maïs pousse bien, Bertrand Guyard et ses associés familiaux ont tenté le coup. Avec l’aide d’un CTE, ils ont commencé par remplacer du maïs par de la prairie (mélange fétuque et ray-grass anglais) sur 5 ha, obtenant 80 balles enrubannées. Aujourd’hui, 15 ha y sont consacrés, réalisant environ 300 balles. Bref, contrairement à certains éleveurs qui se paient un peu d’enrubannage, comme un luxe, le Gaec des Douets voit grand.
Mais côté matériel, l’investissement n’est pas si gros : un round baller, une enrubanneuse, et une dérouleuse « toute simple » adaptée sur la fourche du tracteur. Avec son tapis roulant, cette dernière déroule rapidement la balle. « Elle profite simplement de l’enroulement » constate l’éleveur. Cela permet de rationner un fourrage en brins longs. Non seulement, c’est plus équilibré qu’au râtelier, mais aussi, Bertrand Guyard choisit de donner la partie extérieure de la boule, plus susceptible de contenir des moisissures, aux génisses et vaches d’engraissement moins sensibles.
Mais dans la balance, ce qui a pesé, c’est surtout les économies que cela proposait. Le Gaec ne possède pas de bâtiment de stockage. Les balles plastifiées sont entreposées dans un coin de champ. Un silo de maïs n’est certes pas un bâtiment, mais « il faut le refaire tous les 15-20 ans ». Avec un système classique, l’éleveur estime qu’il aurait dû accroître la puissance de l’ensileuse. De même, il aurait dû acheter une plus grosse désileuse. « Là, avec deux tracteurs de 90 ch, on enrubanne ».
« L’alternative au labour, c’est la prairie »
Economie sur le bâtiment, économie sur le matériel, et économies sur les intrants. « On parle de non-labour, mais l’alternative au labour, c’est la prairie, c’est le plus simple ». Une fois mise en place, elle dure 10 ans. Cela fait une belle économie de passages en tracteur et moins de phytos à appliquer. Enfin, l’éleveur se passe de soja américain. Outre l’aspect financier, cette indépendance en protéines lui tenait à cœur.
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Adapté aux saisons

« Dans l’exploitation de l’herbe, il n’y a pas deux années qui se ressemblent » témoigne Bertrand Guyard. La science n’est pas exacte et l’adaptation se fait au cas par cas. De la même manière, les lots de balles sont rarement uniformes. L’éleveur en a fait un atout : « La diversité des lots permet de s’adapter à la saison. En hiver, on donne des balles riches en matière azotée, et pour l’été, quand on ferme le silo de maïs, on donne un fourrage sec, assez mûr, qui est assez complémentaire au pâturage ».
L’autre avantage, c’est que les stocks sont faits en juin. « On est moins tributaire des coups de chaud de l’été ». Au Gaec des Douets, les vaches pâturent les prairies au printemps. ça déprime la parcelle et permet de ne pas avoir à faucher trop tôt. Ainsi, les chantiers de fenaison ont lieu fin mai-début juin quand la durée d’ensoleillement est presque maximum.
Bertrand Guyard fait une coupe à cette époque pour l’enrubannage et une seconde coupe début juillet pour du foin. A l’automne, il ne fait pas de troisième coupe mais fait pâturer. En tout, il arrive à 12 tonnes de matière sèche.
Chaque éleveur cherche ce qui s’adapte le mieux à son système. Bertrand Guyard a trouvé, mais il a du tâtonner. « Au début, je le faisais trop sec. J’ai aussi essayé avec des refus plus verts, mais cela s’est révélé acidogène ». Aujourd’hui, il travaille avec un fourrage à 70 % de matière sèche. Cela lui permet aussi de stocker les balles sur deux rangées superposées, ce qui est impossible avec un fourrage moins sec, qui se déforme.
Une précision : même s’il est content de cette pratique, décrite dans cet article, l’éleveur rappelle que « l’enrubannage vient en complément du maïs, pas en concurrence ».
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