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Grandes cultures - 13-05-2016

Valoriser du soja dans les rations

ALIMENTATION //// Comment intégrer le soja dans l’alimentation des vaches ? Sous forme de graines extrudées, de graines aplaties, d’ensilage ? Quelle quantité apporter ? Quelle est la valeur nutritionnelle de ces aliments ? Des questions peu étudiées jusqu’ici. Le point avec Benoît Rouillé de l’Idele.

Les références sur la question datent mais apportent néanmoins un éclairage. Une étude américaine de 1991 montre que l’ingestion de graines extrudées entraîne une augmentation marquée de la production laitière (+ 1,8 kg) et une baisse des TB et TP par dilution. A l’inverse, le soja laminé ou torréfié fait chuter la production. Un essai plus récent de l’Idele (2006) conclut qu’un apport de 2 kg de soja aplati par jour améliore la production laitière (+1,1 litre par vache par jour) mais abaisse le taux butyreux de 0,8 par rapport au témoin. En revanche, si on augmente la dose à 6 kg, on observe une chute du lait et du TB. “Avec cette dose, on arrive en limite des 5 % de matières grasses par vache par jour. Cela engendre des perturbations ruminales.” Et de conclure, “valoriser du soja dans l’alimentation des laitières, oui mais par n’importe quelle quantité et pas n’importe comment. Deux kilos de graines aplaties ou 3 à 4 kg de soja extrudé sont un optimum dans des rations à base de maïs ensilage.” En production de viande, l’incorporation de graines de soja dans les rations apporte un faible gain de poids mais augmente nettement
la teneur en lipides et en oméga 3 de la viande. “Il y a peu d’intérêt sur le niveau de croissance mais un effet net sur la qualité.”

Des graines plutôt
pour les vaches laitières

Les ensilages peu étudiés

Le stade première gousse mûre semble être l’optimal pour ensiler et offrir le meilleur compromis entre matière sèche, PDI et UF, “sans toutefois jamais atteindre les valeurs d’un tourteau”. Comparé à d’autres aliments, “l’ensilage de soja est peu intéressant d’un point de vue nutritionnel”. Il présente une bonne valeur énergétique et des taux protéiques supérieurs au maïs ensilage mais “ne permet pas de faire des économies importantes en protéines. On ne s’affranchit pas de l’achat d’un tourteau.”

Un essai de 2008 a comparé la composition de l’ensilage de luzerne et de soja. Il en résulte peu de différence de matière sèche. L’écart se fait sur les matières grasses, la protéine brute (les taux sont plus élevés en luzerne) et sur les parois. “L’ensilage de soja contient plus de fibres NDF, ADF et ADL et n’est pas plus riche en protéines que la luzerne.” Côté performance laitière, l’incorporation d’ensilage de soja entraîne une baisse de 1,5 à 2 kg par vache par jour. “Cela n’est pas acceptable pour les éleveurs même si on a une concentration des matières grasses de 2 g/kg.” Cette baisse de production peut s’expliquer par une moindre ingestion à cause de la richesse en fibre, 45 % de lignine en plus. D’autres expérimentations d’ensilage d’association de maïs et soja en 2012 n’ont pas montré d’intérêt nutritionnel.

Peu de publications sont disponibles à ce jour mais Benoît Rouillé pense que l’ensilage de soja n’est pas adapté pour tendre vers l’autonomie protéique. “Dans les endroits où c’est possible, mieux vaut faire de l’ensilage de luzerne.”

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