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Actualité-Politique > France > Soixante propositions pour l’avenir de l’élevage
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France - 01-04-2016

Soixante propositions pour l’avenir de l’élevage

Assemblé Nationale


Suite aux difficultés traversées par l’élevage depuis plus d’un an, une mission d’information de l’Assemblée nationale a été créée en juillet 2015. Présidée par Damien Abad, (LR, Ain), elle a présenté son rapport mercredi 30 mars. Elle dresse le bilan de l’élevage, estimant que “le désarroi de nos agriculteurs est profond” mais que l’élevage peut se redresser et qu’il a de l’avenir en France.

Les députés ont constaté “des relations commerciales très difficiles, avec accaparement de la valeur par les industriels et surtout les distributeurs, réunis en quatre centrales d’achat qui s’adjugent 90 % du marché”, a souligné en introduction Damien Abad. Face à ces mastodontes, les parlementaires ont déploré la “faiblesse des organisations de producteurs et des éleveurs, encore trop peu investis dans les coopératives et les organisations de production”. “A eux aussi de se prendre en main”, a souligné Annick Le Loch, co-rapporteur (PS, Finistère), ajoutant que “les interprofessions qui ne fonctionnent pas bien dans la viande bovine et le lait en particulier doivent s’organiser pour peser davantage”.


Thierry Benoit (UDI, Ille-et-Vilaine), co-rapporteur, a insisté sur une nécessaire “clarification des relations commerciales”, estimant “à titre personnel qu’on peut aller jusqu’à la dissipation de l’oligopole des quatre grandes centrales d’achat”.


Faire cesser la guerre des prix


Le rapport recommande de “faire cesser la guerre des prix entre enseignes” et de “réformer les statuts de l’Observatoire des marges et des prix”. La révision attendue de plusieurs lois - sur l’agriculture, la consommation et la modernisation de l’économie - doit aussi permettre de “redéfinir les notions de pratiques restrictives de concurrence”.


Le rapport intègre aussi le “programme de responsabilisation face au marché” proposé par l’European Milk Board. Des “mesures volontaires incitatives et des mesures obligatoires de réduction de la production”sont ainsi visées.


Fiscalité et confiance


La mission suggère en outre de “réviser de façon pérenne les seuils de référence et les prix d’intervention”qu’elle juge trop bas, avant de profiter de la révision de la politique agricole commune (Pac) européenne à partir de 2018 pour “réfléchir à un mécanisme de sécurisation des prix et des marges”.

Les députés, demandent une harmonisation fiscale et sociale au sein de l’Europe pour lutter contre les distorsions de concurrence.


Thierry Benoît a soulevé “le problème de confiance entre les éleveurs et l’Etat”. “Qu’on cesse de suspecter les éleveurs” a-t-il lancé en évoquant les contrôles environnementaux, sanitaires ou administratifs. Le rapport suggère un regroupement des contrôles, chez un éleveur prévenu à l’avance, qui peut s’y préparer et faire appel à un “tiers de confiance”pour l’assister. “Il s’agit de “faire en sorte que le contrôle soit là pour aider l’éleveur à s’améliorer et non pour l’enfoncer” a-t-il résumé en réclamant “le désarmement”.




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