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Actualité-Politique > Pays de la Loire > Agriculture : le virage de 2006
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Agriculture : le virage de 2006

Plus ou moins amendée, progressivement remise en cause, la politique agricole commune était, jusqu’à fin 2005, un mélange de soutien des prix ou des revenus, d’organisation des marchés, d’aide à la modernisation des structures de production. La nouvelle Pac mise en place au 1er janvier 2006 se cantonne à un soutien conditionnel au revenu (lié au respect de l’environnement, de l’hygiène des produits ou du bien-être animal) auquel s’ajoutent des aides au développement rural. Une Pac qui a pour horizon l’année 2013 étant donné ce que prévoit le cycle OMC de Doha (suppression des subventions à l’exportation, réduction des soutiens internes et ouverture des marchés) ainsi que les prévisions budgétaires de l’Union européenne.
Les viticulteurs dans le rouge
C’est avec ces perspectives que les agriculteurs français ont vécu une année difficile sur le plan économique. Difficultés extrêmes pour la viticulture, problèmes de production pour les grandes cultures, stagnation des marchés pour les éleveurs, dont le revenu figure comme un rescapé de l’année. Les données publiées mi-décembre sur le revenu agricole sont une bonne illustration de cette situation économique. Est-ce un signe prémonitoire ? Elles confirment à quel point la production la moins organisée par l’Europe, la viticulture, a connu la plus forte baisse du revenu. Pour les autres secteurs, la loi du marché s’est montrée déjà relativement à l’œuvre, comme en 2004. Lorsque les volumes produits diminuent, les prix se maintiennent à peu près (c’est le cas des céréales ou de la viande bovine notamment) ; lorsque les récoltes augmentent les prix chutent (fruits, vins). Seule la production d’oléagineux figure comme une exception, la production en hausse étant bien absorbée par une demande dynamique. Cet exemple montre à quel point le problème agricole français semble aujourd’hui un problème de demande plutôt que d’offre. Tandis que, de plus en plus, les grands marchés traditionnels à l’exportation (notamment hors d’Europe) tendent à faire défaut (porc, volailles, céréales) les agriculteurs et leurs organisations sont contraints à créer des débouchés (biocarburants par exemple), de s’adapter à une demande qui évolue en revoyant le « marketing » de leurs produits. L’année 2005 a été aussi une année de difficultés sur des marchés qui paraissaient aussi porteurs que les produits laitiers grands publics (lire page 12).
La LOA pour faciliter
les mutations
Dans ce contexte, pouvoirs publics et professionnels ont tenté de concevoir une loi d’orientation agricole qui facilite la mutation de l’agriculture. Votée en fin d’année, elle n’a pas pleinement satisfait les organisations agricoles. D’une manière générale, ceux-ci ont souligné soit son manque d’ambition soit son caractère trop libéral. Les coopératives agricoles, en particulier, regrettaient la faiblesse de son dispositif économique. L’apport de cette loi sera cependant loin d’être négligeable : les bases d’une agriculture d’entreprise sont jetées, des encouragements aux regroupements sont prévus, le foncier devrait être libéralisé et des charges allégées tandis qu’un dispositif est annoncé pour l’encouragement des biocarburants. Tout ceci, notent bon nombre de professionnels, ne suffira sans doute pas à passer sans heurts le cap d’une Pac profondément modifiée.
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