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Grandes cultures - 20-11-2015

Quand éleveurs et céréaliers réapprennent à échanger

Bio //// En Tarn-et-Garonne, un groupe d'éleveurs et de céréaliers bio, épaulés Bio 82 et l'Inra, échangent céréales, luzerne, méteils et fumure. L'occasion notamment pour les premiers de réduire leurs coûts d'alimentation et pour les seconds de diversifier leurs rotations. Des échanges qui dépassent le strict intérêt économique.

Conséquence de la spécialisation des productions sur les fermes, des élevages bio, qui n'étaient plus autonomes en alimentation, avaient perdu leur rentabilité. Car le concentré, en bio, c'est cher. Alors le groupement des agriculteurs bio du Tarn-et-Garonne (Bio 82) a recherché des solutions pour limiter ces achats. Première démarche, optimiser la ressource fourragère, avec plus de performance et de durabilité. Certains ont ainsi implanté des prairies à flore variée et des légumineuses. Une éleveuse de brebis qui achetait tout à l'extérieur a adopté le pâturage tournant et les mélanges céréaliers, et désormais, ses agneaux sont engraissés 100% à l'herbe. Mais encore fallait-il avoir des terres. Certains, déjà très au point techniquement, ne pouvaient pas aller plus loin dans leur quête d'autonomie alimentaire.

Réapprendre le calcul des rations

Alors un travail a été mené pour organiser, faciliter et encadrer des échanges entre producteurs. Car sur un rayon d'une quinzaine de kilomètres, face à ces éleveurs manquant de fourrages, des céréaliers, en rotations courtes, se trouvaient confrontés à des problèmes de qualité des sols, d'adventices et de coûts trop élevés de fertilisants bio. Avec au final, des rendements en baisse. Sept fermes ont constitué un collectif. Bio 82 et l'Inra de Toulouse les a accompagnés pour « construire des scénarios d'échanges faisables, durables, et répondant aux attentes de chacun ». Toutes ces rencontres ont aussi permis aux participants de redécouvrir comment travaillent les autres. « Des éleveurs qui achetaient leurs concentrés au fur et à mesure ont appris à se réapproprier le calcul de leurs rations et à définir leurs besoins en termes de productions locales », raconte Marion Bezin, animatrice de Bio 82. Les céréaliers ont introduit des légumineuses dans leurs rotations et implanté des méteils (orge – pois). Ils ont aussi mis à disposition des hectares pour faire de la luzerne. Tout cela s'est fait « dans une logique collective, le céréalier faisant son parcellaire en fonction des besoins des uns et des autres », poursuit Marion Bezin. « Dans les faits, sans le dire, ils ont fait un peu d'assolement en commun» complète Julie Ryschawy, maître de conférences en agronomie des territoires à l'Ensat (Toulouse).

GIEE et site internet

A l'Inra, Julie Ryschawy a défini avec des collègues une grille d'indicateurs qui donnait des résultats économiques, environnementaux et sociaux pour chaque exploitation et pour le collectif. Le point de départ pour définir des prix. « Pour l'orge par exemple, les céréaliers vendent plus cher qu'en circuit long, et cela revient moins cher aux éleveurs que les coûts de concentrés actuels », raconte Julie Ryschawy. Le compost produit par les éleveurs, lui, doit se vendre vingt euros la tonne pour que tout le monde s'y retrouve.

Désormais, il s'agit de pérenniser le collectif et obtenir la labellisation Groupement d'intérêt économique et environnemental (GIEE). « On va travailler sur la qualité des céréales et trouver des solutions de stockage » précise Marion Bezin qui souhaiterait aussi trouver des accords avec des coops pour réduire les coûts de transport. Un site internet de mise en relation des producteurs (offre et demande) est aussi sur le point de voir le jour.

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