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Grandes cultures - 25-09-2015

Il implante sa parcelle de lupins
et céréales en un seul passage

Initiative //// A Couffé (Loire-Atlantique), Yoann Goubaud réalise des associations de lupins et céréales à paille, qu'il implante en un seul passage, grâce à un dispositif qu'il a bricolé lui-même.

Yoann Goubaud est inquiet. Pour la première fois depuis qu'il fait ces expérimentations, la météo est en train de lui jouer des tours, à quelques jours des semis. En attendant, il prépare le semoir. Il s'agit de fixer une barre de distribution, qu'il a fabriquée lui-même, sur le devant des trémies. Le début de ces expérimentations remonte à cinq ans. “Au début, l'objectif de cette association de céréales et lupins était de mieux maîtriser l'enherbement. Ensuite, j'y ai trouvé un autre intérêt, celui de réduire les phytos.” Les racines de la céréale, imposantes, réduisent la germination d'adventices, ce qui est bien pratique avec du lupin, une culture réputée très salissante. Yoann Goubaud voulait aussi pouvoir biner car les désherbants adaptés au lupin ne peuvent pas être utilisés avec le blé. “Quand on n'a pas une bineuse ultra précise, ce n'est pas facile de biner sur du lupin quand il est semé avec un semoir à maïs.”

Un interrang de 57 cm

Alors l'éleveur a inventé son propre système, qui lui permet de semer le lupin au monograine avec son blé, en un seul passage. Il s'agit d'un banc de semis fabriqué avec des éléments de dosage Sulky relié à une barre de distribution disposée à l'emplacement des dents de fertilisation. Les rangs de lupin sont espacés de 75 centimètres et les rangs de blé à neuf centimètres de chaque côté des rangs de lupin. Il reste ainsi un espace de 57 centimètres pour biner et passer les roues sans détruire la culture. Neuf centimètres entre le blé et le lupin, cela semble aussi la meilleure distance pour permettre au lupin de se développer. “Quand la végétation se réveille, fin février, le blé, en commençant à se redresser, fait de l'ombre, ce qui oblige le lupin à monter pour aller chercher la lumière.” Autre avantage, en avril-mai, l'interrang reste ouvert, les courants d'air permettent de réduire la pression des maladies sur le pied du lupin. Et puis “quand on a besoin de faire un fongicide, on peut atteindre plus facilement le bas de la plante”, ajoute Yoann Goubaud.

Le blé, semé en sous-densité à soixante-quinze graines au mètre carré, est toutefois très consommateur d'azote, ce qui présente un intérêt certain pour le lupin, a observé Yoann Goubaud. “Le lupin manque d'azote, donc va stimuler la symbiose.”

Déceptions

Les années précédentes, il avait obtenu des rendements moyens de 20 à 25 quintaux. Mais cette année, la récolte était catastrophique : 5 quintaux seulement. La culture avait bien commencé jusqu'à la première floraison, puis la moitié a “coulé”. Et quand le deuxième étage a fleuri, la plante a été victime d'une attaque de sitones. “Je ne sais pas à quel niveau l'association n'a pas fonctionné cette année, soupire-t-il. On est sur du vivant et le vivant, ça évolue tout le temps, on peut très bien réussir sa culture cinq années de suite et la rater les cinq années suivantes”.

Yoann Goubaud reconnaît avoir connu plusieurs écueils. L'état des sols, notamment, au départ : “Je ne me doutais pas que le tassement, l'érosion, la mauvaise structuration pouvaient avoir un tel impact.” Les choix variétaux, ensuite : “Ce n'est pas si évident de trouver le bon mariage entre variétés de blé et de lupin.” Et puis l'apport de fumier pour le blé et le maïs finit par constituer une charge importante sur les terres. “Le mieux c'est d'avoir un sol un peu épuisé.”

Manque d’aide

Pas question d'arrêter les expérimentations pour autant. Cette année, il y aura sur une parcelle une association de deux variétés de lupin (Clovis et Orus) et de triticale. Sur une autre parcelle, divisée en trois, Yoann Goubaud implantera du lupin Clovis avec un blé rustique, un blé bio et un blé biscuitier. A condition bien sûr de pouvoir entrer dans les parcelles avec le tracteur !

Mais l'agriculteur a une autre déception, celle de se sentir trop peu accompagné. Certes, il est “sentinelle de la terre”, ce qui lui vaut un accompagnement technique de sa coopérative, Terrena. Mais les politiques publiques ne suivent pas. “Jusque-là j'avais une aide Pac de 130 euros l'hectare que je ne perçois plus cette année parce que ma parcelle n'est plus déclarée en lupin mais en blé” à cause d'un changement du mode de calcul.

“Si on veut aller vers plus d'agroécologie, il ne faut pas laisser tomber ceux qui mouillent leur chemise !” A bon entendeur.

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